Mons Début du chantier de la mini-ville de Matexi. Les gros engins débarqueront à la fin du mois

Souvenez-vous de la "mini-ville de l’avenir", baptisée Les Lisières d’Havré, du côté des prairies de la ZACC 30 situées entre le Vieux Chemin de Binche et la route d’Obourg… Matexi voulait y ériger 280 logements sur les six hectares. Au final, ce sera plutôt 244 avec des maisons 2 ou 3 façades et quelques immeubles à 3 étages. Les travaux commencent cet été et inquiètent fortement le comité d’intérêt local des riverains ! Et pour cause, ce projet d’urbanisation apporte avec lui son lot de nuisances en matière de mobilité, de bruit, d’environnement, de cadre de vie…

Le combat du comité a toujours été le même : "augmenter la densité des logements en respectant la qualité de vie de tout un quartier mais pas en implantant un projet d’urbanisation démesuré dans un quartier résidentiel". Le Conseil d’État ne leur a cependant pas donné raison. Et tous les feux sont verts pour la société Matexi qui peut lancer son giga-chantier sans délai. Via un courrier toute-boite, Matexi a annoncé aux riverains que la phase I du projet allait démarrer. Celle-ci consiste principalement à créer la nouvelle voirie d’accès à la ZACC 30.

Elle a débuté ce 1er août mais "ce sera plutôt à la fin du mois d’août", nous dit-on maintenant. Reste que les riverains sont très inquiets de ce flou et cela fait déjà quelques années. "Au-delà du fait que nous nous interrogeons toujours sur la pertinence de ce projet, une série de mesures n’ont pas encore été prises", explique Philippe Del Cane, riverain au Vieux Chemin de Binche et membre du comité d’intérêt local des riverains. Il est vrai que voir débarquer des dizaines de camions quotidiens dans ces voiries va chambouler la quiétude de bon nombre d’habitants.

Le débarquement des engins de chantier est craint, d’autant plus en cette période. "La Région wallonne a interdit le passage des camions à la route d’Obourg et la ville aurait autorisé le passage des 16 tonnes uniquement par le Vieux Chemin de Binche. Or, la circulation est interdite aux plus de 5 tonnes et cette voirie vient d’être entièrement refaite. Ce passage de camions ne correspond pas au phasage des travaux car le début de la route traversant le domaine ne devait se commencer que par la route d’Obourg et s’arrêter au milieu du terrain jusqu’à un prochain phasage éventuel des travaux."

En outre, des haies devaient être plantées avant les travaux devant les habitations des voisins les plus proches. "Il était aussi question d’un état des lieux avant le début des travaux. Cet état des lieux n’est nullement mentionné. Nous exigeons un état des lieux de toutes les habitations bordant le passage du charroi, avant le début des travaux." En attendant, l’affichage légal a, lui, été réalisé aux abords dudit terrain. Quelques panneaux annoncent l’arrivée de cette mini-ville, en bordure de centre-urbain, où 500 à 700 personnes pourraient à terme s’installer.

Pas de commentaire chez Matexi

Il y a déjà de cela une petite dizaine d’années, un premier projet avait capoté sur ces 6 hectares de terrain. Et vu la levée de boucliers rencontrée, plus personne n’est très emballé à l’idée de communiquer sur ce dossier urbanistique. Nous avons évidemment contacté la société Matexi afin qu’elle nous livre quelques informations quant à son projet. "Pour l’instant, nous ne souhaitons pas communiquer au vu du projet et au peu de temps accordé", précise Luc Guelton de la société Matexi. "L’information principale est que tout sera fait dans les règles de l’art. Nous ne prendrons aucun risque par rapport à l’historique du dossier." À suivre donc.