Mons Le collectif décrète l’extrême urgence de sécuriser le tronçon de 400 mètres de la RN552

Le cycliste mortellement fauché le 3 juillet dernier sur la route industrielle à Obourg, Pierre Darquenne, n’est pas oublié à Mons. Le collectif des Cyclistes gonflés à bloc, qui sollicite les autorités tantôt communales tantôt wallonnes, ne rit plus. Habitués à la farce et à tourner en dérision certaines absurdités qu’ils rencontrent sur leur vélo, ces cyclistes ont été frappés par la mort tragique de l’un des leurs. Les déclarations du bourgmestre Elio Di Rupo (PS) quant à des aménagements imminents sur ce tronçon de la route industrielle ne suffisent pas à apaiser la tempête.

"Pour tenter de sauver la face, la Ville de Mons ne trouve rien de mieux que de mentir grossièrement en annonçant l’imminence de travaux imaginaires. Quant à la Région wallonne, qui porte une responsabilité écrasante dans cet accident, elle montre une fois de plus que sa suffisance n’a d’égales que ses insuffisances" , tance le collectif dans une lettre ouverte. Celui-ci estime que, même si la voirie est régionale, la Ville de Mons via son bourgmestre avait toutes les cartes en main pour éviter le drame.

"En tant que garant de la sécurité de tous les citoyens sur le territoire de Mons (même sur les routes régionales), un bourgmestre possède légalement tous les pouvoirs qui lui permettaient d’intervenir en pareil cas."

Et d’ajouter : "Il lui suffisait de prendre un arrêté de police réduisant la chaussée à deux fois une bande dans l’attente de travaux définitifs. Cette simple mesure aurait permis de calmer le trafic et de dégager un espace pour les modes doux. Le bourgmestre a pris un tel arrêté pour la pose d’une canalisation sur cette même route industrielle en 2017 (pour une des quatre bandes). Par contre, il n’a pas jugé nécessaire de le faire pour assurer la sécurité des piétons et des cyclistes, malgré les avertissements du Gracq, des Cyclistes gonflés à bloc et de Pierre Darquenne lui-même."

Quid aujourd’hui ? "Espérons cette fois qu’ils auront au moins la décence de prendre de toute urgence les mesures qui s’imposent pour sécuriser la route industrielle, car un accident peut se produire demain. Espérons aussi que ce soit le déclic pour changer radicalement d’optique, car des voiries aussi dangereuses que la N552, il en existe au moins une vingtaine à Mons. Il ne faut pas qu’à chaque fois quelqu’un soit obligé de le payer de sa vie."

Si la mort de Pierre Darquenne a ébranlé tous les cyclistes montois, ce décès a aussi galvanisé leur détermination. "Le groupe des Cyclistes gonflés à bloc continuera à se battre comme il l’a fait au cours de ces derniers mois, avec humour, en prenant les responsables pour ce qu’ils sont : des farceurs irresponsables." Force est de constater que la "hache de guerre" est loin d’être enterrée.