Mons

Le 25 mai dernier, alors que la ville de Mons s’apprêtait à débuter officiellement les festivités du Doudou, le call-center du numéro anti-radicalisme de Bruxelles était averti qu’une bombe allait exploser au sein des bâtiments judiciaires de la ville de Mons. La menace avait très prise très au sérieux : les policiers s’étaient déployés en nombre, les cours de justice, l’ancien palais de justice et le parquet avaient été évacués et des rues avaient été bloquées.

Rapidement, l’auteur des faits, Cihan Karasu, un délinquant carolo au casier judiciaire impressionnant (vol, vol avec violence, rébellion, menaces, outrages, port d’arme prohibée, alerte à la bombe…), actuellement incarcéré, avait pu être identifié. Ce jeudi après-midi, le tribunal correctionnel de Mons s’est penché sur son cas. “La justice, la police, la ville de Mons n’avaient nullement besoin de cela, encore moins en plein doudou. Ce sont des heures et des heures qui ont été inutilement perdues”, a insisté Me Discepoli, conseil de la police Mons-Quévy, qui réclame un montant provisionnel de 2500 euros.

“À 11h34 ce jour-là, la plateforme anti-radicalisme recevait un premier appel annonçant la présence d’une bombe, sans dire où. 30 minutes plus tard, un second appel était passé pour préciser que si les forces de l’ordre souhaitaient gagner un peu de temps, la presse devait être contactée. À 13h30, lors d’un troisième appel, Monsieur Karasu précisait que les démineurs auraient de grandes difficultés à désamorcer la bombe. À aucun moment, il n’a fait marche arrière, exprimé des remords. Ni le lieu, ni la date ne sont anodins.”

Tant l’avocat que le substitut Volante sont convaincus que la démarche avait été mûrement pensée. “Monsieur n’a pas procédé au hasard. Il a attaqué un symbole, la justice, selon une méthode réfléchie. Il dit avoir agi sur le coup de la colère parce qu’il avait été condamné la veille à cinq ans de prison. Ce type de comportement doit être fermement réprimé.” Deux ans d’emprisonnement ont ainsi été réclamés.

Pour la défense, le contexte doit être pris en compte. “Personne n’avait besoin de ça et rien ne justifie ce geste. Mais mon client dit qu’il ignorait que la ducasse commençait. Il venait d’être condamné à cinq ans d’emprisonnement et n’a trouvé que ce moyen pour exprimer sa colère. Je vous demande la plus grande clémence à son égard”, a réagi Me Danneau. Le jugement sera rendu le 13 septembre prochain.