Mons Le collectif rappelle à l’ordre les formations politiques mais reste sans réponse

Voter, c’est bien. Agir, c’est mieux. Voilà comment on peut résumer la situation face à laquelle la plateforme Transparencia se trouve aujourd’hui. De fait, le mois dernier, tous les groupes politiques élus à Mons ont voté une motion déposée par le conseiller John Joos (Citoyen) concernant l’accès aux documents des dossiers du conseil communal (hors huis clos), faisable en un seul clic via le système intranet.

Fièrement, tous les élus avaient voté favorablement ce pas de géant dans l’ère de la transparence. Sauf que mardi, le conseil communal doit se réunir pour sa séance mensuelle et que le texte voté n’est toujours pas appliqué.

Le collectif Transparencia, à la base de ladite motion, a envoyé des rappels tous azimuts. Ceux-ci sont sans réponse. La majorité s’était retranchée vers une analyse budgétaire. Là encore, pour le collectif, c’est de la poudre aux yeux. "C’est un clic qui permet l’exportation des documents, peste Claude Archer de Transparencia. Il existe un intranet, qui est le même système informatique qui gère le site de la ville. Ça va être difficile d’évaluer le coût puisque ce n’est qu’un seul clic."

Et d’ajouter : "La plupart des communes disposent d’un système intranet où les élus peuvent voir tous les documents relatifs aux prises de décision du collège et des conseils communaux, rappelle Claude Archer. Notre objectif est que tous les citoyens puissent avoir accès aux dossiers de la ville et ainsi avoir un contrôle direct sur le travail des élus communaux. Évidemment, l’accès à ces documents doit avoir lieu avant que ces projets et dossiers ne soient votés en conseil communal."

Une commune a déjà sauté le pas : Watermael-Boitsfort "Ça a l’air plus simple là-bas. À Mons, un clic est manifestement compliqué et très coûteux. Techniquement, cela se fait donc ailleurs. Nous avons même remis un diplôme au bourgmestre de Watermael-Boitsfort. Celui pour Elio Di Rupo est prêt. C’est triste, il va rester à la maison."

En avril dernier, le collectif a pourtant remporté une petite victoire. Après plusieurs mois d’actions, il est désormais possible de retrouver sur le site Internet de la ville de Mons la composition des membres des cabinets du bourgmestre et des échevins ainsi que celle du président du CPAS. Bémol, le niveau de rémunération des membres non élus n’est pas mentionné. Pour la majorité, il s’agit de données à caractère privé.

Tous les élus ont la volonté de tendre vers plus de transparence. À Mons, pensons peut-être à passer la seconde avant la campagne électorale, au sein de laquelle la transparence sera un enjeu crucial.

"Pas si simple"

La ville est régulièrement pointée du doigt par le collectif . Reste que selon les autorités communales, la faisabilité de cette mesure est plus complexe qu’elle n’y parait. "La motion a été amendée, elle va seulement être communiquée à Transparencia, rétorque la ville. "Il y a une analyse budgétaire qui est en cours par les services afin d’évaluer le coût d’une telle mise en ligne des documents. Notre intranet n’est pas une plateforme de consultation mais de gestion des dossiers. Ce n’est pas aussi simple que semble le croire Transparencia. Techniquement, il ne s’agit pas d’un seul clic ! En outre, si c’était le cas, il faudrait transmettre un mot de passe aux 100.000 Montois. La décision prise lors du dernier conseil sera mise en place mais elle ne peut pas l’être du jour au lendemain."

Certaines mesures ont cependant été prises par la majorité PS/CDH. Ainsi, depuis un an, le conseil communal est filmé et retransmis en direct sur Facebook. Les vidéos sont ensuite publiées sur le site Internet de la ville. Et dernièrement, Transparencia a obtenu la publication de la composition des cabinets du collège PS/CDH.