Mons Le baron annonce qu’il ne fera plus que des visites sur rendez-vous

Il y a deux semaines, le baron Duesberg nous annonçait vouloir "mettre un terme à tout ça". "Tout ça", ce sont vingt-quatre années de mécénat passées à faire briller dans la cité du Doudou un musée des Arts décoratifs (1775-1825) adulé sur la scène internationale.

Mais, à 84 ans, François Duesberg se fatigue des relations en dents de scie avec la Ville de Mons. Aujourd’hui, il tient, à contrecœur, sa promesse…

La convention signée quelques mois plus tôt devait pourtant dissiper les orages du passé et pérenniser l’avenir du musée dans la capitale du Hainaut. À l’occasion de la Biennale, le baron se rêvait même de pouvoir enfin mettre sur orbite ce joyau gratifié de six étoiles au Guide Michelin. Las, le collectionneur déplore encore et toujours le même statu quo.

"Rien n’a bougé depuis la signature de la convention, regrette François Duesberg. Et je suis plus seul que jamais. Notre brave concierge m’a remis sa démission pour se consacrer à d’autres projets. Et à mon âge, je ne suis pas capable d’assumer la totalité des charges qui incombe au responsable d’un musée de cette envergure."

Après avoir évoqué à plusieurs reprises la fermeture du musée, dans l’espoir de remuer la fourmilière montoise, c’est donc par la force des choses que le baron met ses menaces à exécution. "Je suis contraint d’annoncer la fermeture de ce musée que je ne sais plus assumer. Dans une période de transition, je vais tenter de gérer encore quelques visites. Mais exclusivement sur rendez-vous et essentiellement pour les groupes."

C’est bien la mort dans l’âme que l’invétéré collectionneur prend sa décision. "Le musée n’a jamais été aussi beau. Je viens encore de rentrer de l’orfèvrerie montoise que mon épouse nettoie avec une abnégation formidable. Mais du côté de la Ville de Mons, c’est le néant total. On m’avait pourtant promis de bonnes nouvelles après de longs mois d’attente."

Les autorités communales, que nous avons contactées, se refusent à tout commentaire sur cette nouvelle situation. Mais elles rappellent leur attachement au musée et réitèrent leur volonté de le garder à Mons, car il fait partie "des joyaux de la ville". À travers la convention signée par le baron Duesberg, le bourgmestre Elio Di Rupo et le gouverneur Tommy Leclerq, l’ensemble des collections doit revenir à la fondation provinciale d’utilité publique basée à Mons à la mort du dernier époux Duesberg. Des Duesberg qui devaient également léguer leur nom à cette fondation. Des Duesberg qui restent maîtres de leurs œuvres, jusqu’à leur dernier souffle.