Mons

Pour le gérant du magasin en vrac, il est indispensable d'offrir de la gratuité

Régulièrement, les débats autour de la mobilité et du stationnement s’enflamment dans la Cité du Doudou. Il n’est en effet pas rare de lire ou d’entendre des badauds se plaindre de la difficulté de se garer afin d’aller faire l’une ou l’autre emplette dans un centre-ville qui, disent-ils, se meurt… Alors qu’en comparaison, les enseignes se multiplient aux Grands-Prés et que le parking y est gratuit.

Certains commerçants ont dès lors décidé de prendre le taureau par les cornes en cherchant des solutions. C’est le cas de Charles De Mol, gérant de L’Alternative. Situé dans le haut du piétonnier montois, le magasin propose des produits en vrac, bio ou locaux et fait la part belle au zéro déchet. Depuis un peu plus d’un mois, les clients qui achètent pour 20 euros de produits se voient offrir une heure de parking gratuit.

« Aujourd’hui, la gratuité n’existe plus, tout est payant, même les sacs en papier ou en carton ! Selon moi, elle est indispensable pour faire fonctionner un commerce. C’est un sujet encore tabou et mes positions divisent énormément », admet-il. « Lorsque j’ai réalisé mon étude de marché, la question la plus importante selon moi concernait le stationnement. »

© E.B.

Sur une échelle de 1 à 10, les sondés étaient donc invités à évaluer l’importance du parking. « Il s’avère qu’il n’y avait pas de juste milieu, c’était soit 0 (pas du tout important), soit 10 (extrêmement important). J’avais déjà l’envie de proposer quelque chose allant dans ce sens mais je ne savais pas sous quelle forme. » C’est finalement en se tournant vers la gestion centre-ville que l’idée s’est concrétisée.

Les clients qui se stationnent aux parkings couverts de la rue de la Hall ou de la rue d’Havré bénéficient d’une heure de gratuité. De son côté, le commerçant débourse 0,60 € (au lieu de 1,20 €). « Je demande régulièrement à mes clients s’ils sont à pied ou en voiture et où ils sont stationnés. Je leur explique qu’en se garant dans l’un de ces parkings couverts, je peux lui offrir une heure. »

Malgré cette bonne idée, le concept fonctionne assez peu. « Je pense que beaucoup préfèrent tourner en centre-ville à la recherche d’une place libre que de stationner dans un parking. C’est finalement la preuve que le parking n’est pas le problème numéro un de la ville de Mons : c’est l’offre commerciale qui n’est pas suffisante, même s’il y a un mieux depuis quelque temps. » Et de conclure : « Du monde en centre-ville, il y en a. J’ai bon espoir que la situation s’améliore d’ici peu car il y a une forme de renouveau.»