Mons Paul-Louis Chantry est candidat aux élections communales à Mons

Son parcours est aussi insolite qu’incroyable. Paul-Louis Chantry, alias Polo à Mons, s’apprête à écrire un nouveau chapitre de sa vie. Le dernier majordome du roi Léopold III va se présenter aux élections communales le 14 octobre. C’est la liste Agora, emmenée par Savine Moucheron (cdH), qu’il a décidé de rejoindre.

Ancien majordome du roi Léopold III, le quinquagénaire montois est archi-connu dans la Cité du Doudou. Ses histoires empreintes d’humour, d’humanité et d’une certaine réserve aussi inondent bistrots et rues pavées montoises depuis plusieurs décennies. En octobre 2018, Paul-Louis Chantry se jettera à l’eau après avoir passé des décennies à travailler dans l’ombre des hommes de pouvoir. "Je suis sollicité depuis de nombreuses années", nous confie-t-il. En outre, il a décroché une place royale : la 45e !

"J’ai été approché par pratiquement tous les candidats têtes de liste à Mons. Ce qui me relie à Agora est beaucoup plus naturel. Entre les Moucheron et moi, c’est une longue histoire d’amour et d’amitié. Après avoir discuté avec Savine, il y a eu un déclic. Je me sens comme un poisson dans l’eau dans ce groupe. Rien n’est figé, les citoyens ont beaucoup participé au programme et participeront encore s’ils le désirent. Nous faisons un travail de longue haleine avec des projets durables."

Si Paul-Louis Chantry a roulé sa bosse jusqu’au domaine d’Argenteuil au service du roi Léopold III, son parcours professionnel est pour le moins atypique. La vie de château du Montois s’est arrêtée à la mort du Roi. Il s’est alors illustré du côté de plusieurs gouverneurs et ministres en officiant notamment comme chauffeur. De fil en aiguille, des mandats ont pris fin et voilà le Montois reparti à ses premières expériences comme délégué commercial.

Comme d’autres de sa génération, en 2015, il a fini par atterrir au chômage suite à l’arrêt de son programme de formation. "La faute à la 6e réforme de l’État, initiée par le bourgmestre Elio Di Rupo", affirme-t-il. Sa vie a pris un nouveau tournant décisif alors que Mons fêtait son titre de capitale européenne de la culture. "Je ne pouvais plus assumer le loyer de mon appartement. Donc, j’ai décidé de vivre tous les jours, été comme hiver, dans mon mobil-home."

Pour se présenter à une élection communale dans une ville, il faut y vivre et y résider officiellement. Est-ce que tout cela est bien compatible avec sa vie de nomade ? "Pas de problème ! Mon adresse de référence est au numéro 1 de la rue de Bouzanton, soit au CPAS. J’ai même une carte riverain !" Finalement, c’est peut-être cet homme qui vit quotidiennement au plus près des Montoises et des Montois.

Ses combats? 

À n’en pas douter, les combats de Paul-Louis Chantry sont nombreux et il ne peut pas attendre chaque édition de la Fête des voisins chez le bourgmestre Elio Di Rupo (PS) pour obtenir des résultats rapides. Ce qui lui tient le plus à cœur est de ramener un peu de concordance dans la cité du Doudou. "Par exemple, dans cette ville, nous avons un service de plantations extraordinaires, de très belles serres communales et une école d’horticulture, mais nous ne sommes pas capables d’unir ces forces pour que Mons soit une vraie ville fleurie ! explique-t-il. Nous pourrions également organiser des floralies montoises sur la Grand-Place et sur le marché aux Herbes. Nous avons tous les ingrédients pour rendre notre ville plus belle."

Un autre exemple ? "Un apéro musical sur le kiosque. À Mons, nous avons un kiosque qui est placé et enlevé à chaque Doudou. Pourquoi ne pas le laisser et proposer à l’Académie de Musique, au Conservatoire, deux orchestres philharmoniques, un orchestre royal de chambre et aux artistes en herbe de se l’approprier ? Cela se fait ailleurs… Nous aussi nous pouvons proposer une scène publique !"