Mons Les dégâts sont limités. Des travaux avaient été annoncés en 2016

Quand le baron Duesberg ne fait pas les frais de la tuyauterie institutionnelle, c’est la plomberie du musée qui lui joue des tours. Littéralement.

"Dimanche, une conduite a lâché et la salle d’angle du musée a été inondée", soupire François Duesberg. "Alors que nous étions le premier dimanche du mois, jour d’entrée gratuite dans les musées, nous avions une quinzaine de visiteurs quand l’incident est survenu. J’avoue que nous avons été pris de panique. Il a fallu tout éponger."

En d’autres temps, le baron aurait annoncé la fermeture immédiate du musée, lassé du haut de ses 84 ans de tomber sur un énième pépin. Mais l’eau n’a pas seulement inondé la salle d’angle, elle a aussi coulé sous les ponts. François Duesberg peut désormais compter sur quelque soutien à Mons.

"Le seul Montois qui se préoccupe de notre situation, et ce n’est pas le pire, c’est Elio ", souligne le collectionneur. "Mais ce n’est pas lui qui devrait s’occuper de ces peccadilles. Bien qu’il était en vacances, il a pris la peine de réagir tard dimanche. Et le lendemain, un agent de la commune venait effectuer les réparations nécessaires."

Le bâtiment qui abrite les prestigieuses collections du couple Duesberg appartient à la Ville de Mons. De l’aveu même du baron, son état laisse franchement à désirer. Des travaux avaient pourtant été annoncés. "Nous avions eu plusieurs réunions constructives et le chantier était prêt à être lancé en 2016", se rappelle François Duesberg. "La toiture et les châssis devaient être remplacés. La façade devait être nettoyée. Le montant s’élevait à 500.000 euros mais le dossier a bloqué au dernier moment, faute de subside wallon. Je ne sais pas pourquoi."

Nous avons tenté d’obtenir des explications de la Ville de Mons, sans succès. La tuyauterie institutionnelle semble aussi insondable que l’énigme du musée Duesberg. En effet, si le baron peut compter sur le soutien du bourgmestre, il déplore toujours un manque d’attention des responsables de la culture à Mons, malgré la prestigieuse réputation dont jouit son musée. " En attendant l’ouverture de l’exposition de Niki de Saint Phalle, le BAM est fermé. Une affiche y invite à découvrir les autres musées montois. Tous sont mentionnés, de l’Artothèque au Memorial en passant par le musée du Doudou. Mais rien sur notre musée. Je suis pourtant disponible jour et nuit. On peut venir frapper à ma porte, même en pyjama, j’accueille les visiteurs. "


Le projet bruxellois avance

Si les déboires montois laissent perplexe le baron Duesberg, l’avancée du projet bruxellois l’enthousiasme. Pour rappel, le collectionneur est en contact avec la Ville de Bruxelles pour ouvrir une antenne dans la capitale. Pour le baron, il ne s’agit pas d’amputer une partie de son patrimoine montois. François Duesberg affirme crouler sous les pièces de collection et verrait bien certaines, comme l’orfèvrerie bruxelloise, rayonner dans la capitale. Ce serait en outre selon lui l’opportunité d’établir un pont culturel entre Mons et Bruxelles. "Les dernières nouvelles sont très bonnes", se réjouit le baron. "La maison patricienne, ce magnifique bâtiment, n’est pas encore tout à fait prête. Mais la Ville de Bruxelles, encore plus pressée que moi, nous propose maintenant un prélude à la Maison du Roi sur la Grand-Place." Affaire à suivre…