Mons

Les activités d'Ange Mélis ont été contrôlées lundi soir mais les choses ont mal tourné.

Depuis plusieurs années déjà, Mirella Mélis, alias Ange Mélis ou Mimi Solidarité, organise des distributions de denrées alimentaires en faveur des plus précarisés. Ce lundi soir, elle était à nouveau dans les rues montoises pour leur venir en aide. Pour l’occasion, plusieurs plats avaient été cuisinés, des desserts et une salade de fruits préparés par l’équipe.

Malheureusement, cette activité pique-nique ne s’est pas déroulée comme prévu. À l’issue d’un contrôle de l’AFSCA, notamment au niveau de la température des plats, une salade de fruits a été jetée. « Je suis à l’écoute de leurs conseils mais je trouve certaines mesures aberrantes. Lorsque vous partez quelque part, que vous faites un pique-nique, vous plongez votre thermomètre dans chaque préparation ? », s’interroge Ange Mélis.

Cette dernière évoque également un contrôle musclé. « Les choses ont dégénéré. Une personne qui vient régulièrement nous aider est arrivée en voiture. Elle n'en est pas sortie mais tenait un appareil photo en main et s'apprêtait à prendre quelques photos, ce qui n’a pas plu à l’une des inspectrices de l’AFSCA. Le ton est monté, elle a été menottée, violentée et est tombée inconsciente. Elle souffre de plusieurs contusions. C’était un contrôle violent, devant plusieurs personnes dont une fillette de six ans, particulièrement choquée par la scène. » Un PV a été rédigé à l’encontre d’Ange Mélis.

Du côté de l’AFSCA, la version des faits est on ne peut plus différente et interpellante. « Au départ, le contrôle se passait plutôt bien, même si certaines règles ont dû être rappelées et certains produits jetés. Les choses ont mal tourné lorsqu’une dame est arrivée, appareil photo à la main. Elle a agressé une policière et deux de nos contrôleuses. L’une d’elles a été frappé au visage, mordue et menacée », explique Jean-Sébastien Wahlin, porte-parole de l’agence.

« Cette dame est ensuite entrée en crise d’hystérie et s’est frappée la tête au sol à plusieurs reprises… Nous n’avons jamais vécu une telle situation. » Plainte a évidemment été déposée. « Ce contrôle, mené en collaboration avec la police et l’ONEM, fait suite à une plainte d’une personne ayant été malade après avoir bénéficié d’une distribution. »

Et le porte-parole d’ajouter, stupéfait : « Nous avons des photos qui prouvent que les bénévoles se fournissent directement dans les conteneurs, laissés en plein soleil en cette période, ou récupèrent les restes d’un restaurant que nos services connaissent bien puisqu’il a été fermé à plusieurs reprises… C’est totalement criminel de pratiquer de la sorte et espérons que les plaintes aboutiront. » 

Ce mardi soir, la personne dont l'AFSCA fait mention nous a contacté pour démentir formellement les propos tenus par l'agence. "J'étais encore dans ma voiture lorsque cette contrôleuse, que j'ai d'abord prise pour une bénéficiaire, est arrivée. J'ai été sortie de ma voiture, j'ai reçu un coup et fait un malaise mais je n'ai jamais tapé ma tête au sol, jamais! Des témoins peuvent attester du déroulement de la scène. Les policiers ont demandé à prendre mon appareil photo. J'ai été insultée, traitée de folle mais je suis restée calme jusqu'à recevoir un coup et, par la force des choses, en rendre un pour me défendre", explique-t-elle, avant d'ajouter qu'elle déposerait également plainte.

Les versions sont pour le moins divergentes. C’est désormais à la justice de se saisir du dossier.