Mons Les aménagements coûteraient de 6 à 7 millions d’euros

La sécurisation de la route industrielle d’Obourg revient au cœur des controverses à Mons. Et pour cause, la mort du cycliste et commissaire de police Pierre Darquenne (53 ans), percuté par un automobiliste ébloui par le soleil, a secoué toute la cité du Doudou. Sur cette route qui longe le canal du Centre (N552), le cycliste avait déjà alerté les autorités quant à la sécurité des usagers. Par trois fois, il avait même participé à la grande enquête populaire Demain Mons.

Les conseillers d’opposition Catherine Marneffe (Ecolo) et Emmanuel Tondreau (MR) ont tiré à boulets rouges, pointant l’absence d’aménagement cyclable et la responsabilité des autorités dans pareil cas de figure aux conséquences dramatiques.

Elio Di Rupo (PS), le bourgmestre, a confirmé les différentes propositions réalisées par la victime lors de l’enquête. "Il avait notamment préconisé l’amélioration de la cyclabilité depuis Obourg. Ainsi que l’accès au RAVeL 4 depuis Obourg, rue Saint-Macaire, il a indiqué que les cyclistes et piétons sont contraints de circuler sur la route industrielle à quatre bandes (RN552) sur une distance de quelque 400 mètres pour pouvoir accéder à ce RAVeL à hauteur de l’écluse d’Havré."

Précisons que c’est exactement sur ce tronçon de 400 mètres que l’accident est survenu ! "J’avais déjà indiqué aux responsables de la Région wallonne la dangerosité de cette partie de la route industrielle qui va de la rue Saint-Macaire à la R5." Ces routes ne relèvent pas de l’autorité de la Ville mais de la Région wallonne.

Reste que pour Ecolo et MR, la loi communale existe aussi. "Il y a une responsabilité des autorités communales," insiste Catherine Marneffe. "En attendant des aménagements, il faut des mesures d’urgence, c’est une question de responsabilité communale et d’éviter aussi un défaut de prévoyance." Les groupes ont proposé tantôt d’interdire l’accès aux cyclistes (le MR) en attendant les aménagements, tantôt d’installer des panneaux de signalisation ainsi que de réduire la vitesse des véhicules (Ecolo).

"Le directeur local de la Région wallonne chargé des routes a transmis au gouvernement wallon un dossier indiquant qu’il considérait comme prioritaire l’aménagement de la route industrielle entre le croisement avec la route d’Obourg et la R5. C’est exactement ce que demandait la victime", a affirmé Elio Di Rupo.

Le ministre des Travaux publics a donc été sollicité afin qu’un budget de 6 à 7 millions d’euros soit octroyé de manière prioritaire à l’aménagement de cette partie de la route industrielle. Enfin, pour les verts, tout ceci est encore très loin de se concrétiser. "Ce n’est pas dans le plan 2019-2024, il n’y a même pas d’études qui ont été faites", rétorque Catherine Marneffe, conseillère Ecolo. "Donc, dire que les aménagements vont commencer sous peu, c’est un mensonge éhonté !"