Mons

Le ministère public réclame 20 ans de prison et vise le vol avec violence ainsi que la tentative de meurtre.

Le tribunal correctionnel de Mons a ouvert le procès de Sylvie, une quinquagénaire originaire de Dour, poursuivie suite à un vol/une extorsion avec violence, pour le moins atypique. Le substitut Moinil a d’ores et déjà sollicité une requalification des faits en y ajoutant une tentative de meurtre. Les mines étaient graves ce lundi devant la chambre à trois juges. Et pour cause, Suzanne (73 ans à l’époque), meurtrie d’une cinquantaine de coups d'un couteau éplucheur, est toujours debout ! Elle s’est constituée partie civile au procès de sa femme de ménage, seule inculpée de cette affaire glaçante.

Le 4 octobre 2016 vers 23h, Suzanne gisait sur le palier de son appartement. Son corps a été tailladé violemment à une cinquantaine de reprises, dont trente fois dans le dos. Comment cette septuagénaire, manifestement sans histoire, s’est retrouvée à lutter pour sa survie ? Suite à la cupidité de Sylvie (50 ans), sa femme de ménage, telle est la thèse du ministère public,

La présumée empoisonneuse et voleuse nie les éléments qui la maintiennent, depuis octobre 2016, en détention. Elle reconnaît que sa “mère de cœur” lui a bien prêté 3000 euros, qu’elle lui a rendu le 29 septembre comme en atteste un document antidaté et affirme que ce soir-là, elle ne s’est pas rendue à son domicile. Selon la victime, la détenue a pourtant débarqué vers 20 heures, avec des éclairs en chocolat et pour lui rendre les 3.000 euros prêtés.

Sylvie avait pris soin d’emporter une plante et des éclairs en chocolat fourrés au zolpidem, un puissant somnifère à la fois hypnotique et sédatif. Autant écrire qu’après avoir mordu dans cet éclair, Suzanne n’était plus capable de quoi que ce soit. Les analyses confirment la présence de zolpidem dans la boîte des éclairs et le corps de Suzanne, alors que cette dernière n’en consomme pas. Somnolente, Suzanne a trouvé la force de se débattre, en attestent les blessures de défense. “C’est une miraculée”, stipulait Me Discepoli. “Elle est encore très courageuse aujourd’hui de faire face à la personne qui s’est acharnée sur elle”, ajoutait le substitut Moinil qui, malgré les dénégations de la prévenue, estime tenir des éléments irréfutables de sa culpabilité.

Ainsi, le GSM de la victime a été retrouvé dans le sac de Sylvie, l’achat le jour des faits du zolpidem, les traces de sang (et l’ADN) retrouvés sous ses sabots, la répétition des empoisonnements au préjudice de personnes âgées (au moins deux autres ont déposé plainte) et l’argent volé. Ce qui fait réclamer au ministère public une peine de 20 ans de prison, vu qu’il considère qu’elle s’est “acharnée” en frappant dans le dos sa victime pour un mobile “d’une futilité inouïe”. La prévenue assure n'y être pour rien et réclame son acquittement. Jugement à la fin du mois.