Mons Camille Druart ne sait toujours pas s'il pourra un jour rouvrir son atelier et son magasin.

Les fêtes de fin d'année sont indissociables des douceurs et du chocolat. Mais cette année ne sera pas comme les autres. Pour la première fois depuis plus de 30 ans, aucun chocolat Druart ne sera vendu. "Voir les illuminations, penser aux fêtes et même voir des clients qui viennent à la grille de l'atelier et qui apprennent que nous avons dû fermer, ce n'est pas facile...", témoigne douloureusement le réputé maître chocolatier Camille Druart.

En juin dernier, son atelier situé à Angreau (Honnelles) était totalement ravagé par les inondations. Six mois sont passés mais aucun chocolat n'a été fabriqué depuis lors. "J'attends toujours les conclusions des expertises", soupire-t-il. "Sans cela, nous ne savons pas où nous allons. Car je ne peux pas toucher aux machines et déblayer avant la fin des expertises."

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Va-t-il un jour pouvoir rouvrir sa chocolaterie ? Rien n'est moins sûr... "Pour la période de Pâques, je crois que c'est déjà foutu. Il faut six mois pour recommander des machines qui coûtent des milliers d'euros puis il faut se remettre en route, racheter du matériel, etc. Au mieux, je pourrais recommencer pour la fin de l'année 2019..."

Pour le moment, Camille Druart n'a pas encore reçu la moindre indémnisation professionnelle. Les assurances ne se sont pas encore prononcées. Mais ce qui le chagrine encore davantage, c'est la passivité des politiciens face à ces lourdes inondations qui ont frappé les Honnelles. "La Région wallonne et la cabinet du ministre-président wallon Willy Borsus (MR) n'ont réagit que pour m'informer que le bourgmestre n'avait pas déclenché l'alerte avant les 15 jours requis. Aucune compassion, aucune dérogation, aucun soutien !"

Hormis les initiatives personnelles du chocolatier et de son voisinage, rien n'a en effet été mis en place. Ils ont par exemple creusé eux-mêmes un lit de rivière à travers leur propriété afin de rediriger les coulées d'eau et de boue. Et ce, à leurs frais. "Je me sens abandonné. J'en veux au bourgmestre et aux autorités régionales de ne pas avoir déclenché le fonds des calamités qui aurait pu nous octroyer une aide financière. Pour moi mais aussi pour tous les autres Honnellois. A cause de leur incompétence, j'ai perdu mon entreprise et en plus de cela, on me laisse tomber d'un point de vue logistique."

Selon les conclusions des experts, la situation pourrait s'améliorer. "Mon courtier en assurance se démène en tout cas pour me sortir de là." Mais l'avenir de la chocolaterie est sérieusement engagée.

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