Mons

Pascal Etienne s'était rendu chez la victime dans le but d'avoir une relation sexuelle sadomasochiste avec elle

La quatrième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut a confirmé, mercredi, la peine de 25 ans de prison infligée par le tribunal correctionnel de Charleroi à Pascal Etienne. L'homme avait été condamné pour avoir bouté le feu à une habitation, en mai 2013, à Châtelineau (Châtelet) avec la circonstance qu'une femme est décédée dans l'incendie. Il est aussi poursuivi pour avoir porté des coups à la victime en utilisant une corde lors d'une relation sexuelle. La cour d'appel considère que c'est à juste titre que le tribunal correctionnel a considéré que Pascal Etienne se trouvait dans la maison de la rue Gendebien, occupée par Sabrina et ses deux enfants, quand l'incendie a débuté. La cour s'en réfère à la chronologie des évènements, au témoignage d'une voisine qui a croisé Pascal Etienne le soir des faits et aux rapports d'expertise.

Pascal Etienne s'était rendu chez la victime dans le but d'avoir une relation sexuelle sadomasochiste avec elle. Il avait stationné sa voiture 100 mètres plus loin, car elle lui avait demandé de faire preuve de discrétion. Il est reparti vers 00h15, d'après une voisine qui fumait une cigarette dehors. C'est elle qui a ensuite appelé les secours car elle avait remarqué que de la fumée et des flammes sortaient de la maison de la victime.

L'expert en incendie avait conclu au caractère volontaire du feu mais ses constats ont été remis en cause par la défense. "Quand je l'ai interrogé, l'expert a déclaré qu'un caractère accidentel était possible pour les deux foyers, alors qu'il avait soutenu l'inverse dans ses rapports", avait plaidé Me Vanardois.

Pascal Etienne prétendait qu'il avait quitté le domicile de la victime en état de panique car elle était inconsciente après lui avoir placé une corde autour du cou lors de leurs ébats. La cour relève qu'il a pris le temps de prendre son blouson, sa bouteille de vodka qui se trouvait dans un fauteuil, de la cacher sous sa veste et de fumer une cigarette dans sa voiture. Dès lors, il ne devait pas être en état de panique.

Pour la cour, Pascal Etienne a volontairement bouté le feu à la maison, entre 23h33 et 00h16 la nuit du 16 au 17 mai 2013, qu'il savait occupée par la victime et ses deux enfants. Ces derniers ont pu être sauvés, mais leur mère est décédée dans un hôpital à Bruxelles, grièvement brûlée et intoxiquée.

L'accusation avait estimé que Pascal Etienne voulait effacer les traces de sa présence sur les lieux car, au moment des faits, il était poursuivi à Nivelles pour des faits de moeurs. Pascal Etienne avait des antécédents judiciaires et la cour relève que les faits les plus récents démontraient déjà son mépris pour l'intégrité physique d'autrui. L'homme avait été qualifié de narcissique et pervers avec emprise sur autrui par les experts en santé mentale.

Sur le plan civil, la cour a réduit les demandes provisionnelles prononcées en première instance.