Mons Le ministre Jan Jambon (N-VA) n’a toujours pas répondu à la lettre des bourgmestres hennuyers

La situation des labos scientifique de la police inquiète toujours. Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) mène depuis plusieurs mois un projet de rationalisation budgétaire dans cette optique. "Notre réflexion a abouti à la conclusion suivante : faire une distinction entre le front office (la descente sur les lieux) et le back office (la gestion et l’analyse des pièces à conviction) des laboratoires", précise le ministre.

Concrètement, cette distinction diminuera le nombre de back office des laboratoires. Au lieu de quatorze (soit un par police judiciaire fédérale), la Belgique n’en comptera plus que cinq (soit un par ressort de cour d’appel). Neuf unités de police judiciaire seront donc amputées de cet outil. Celle de Mons risque donc fortement de passer à la trappe. La grogne vient évidemment de la police judiciaire mais aussi des zones de police locales.

Le 15 mars dernier, plusieurs bourgmestres du Hainaut ont exprimé leurs préoccupations dans une lettre adressée à Jan Jambon. Deux mois plus tard, aucune réponse n’a été émise. "Dans ce courrier, ils rappellent toute l’utilité pour les services de police locale de pouvoir continuer à bénéficier d’un appui professionnel et rapide de la police fédérale. Une rationalisation budgétaire porterait atteinte à tout le travail d’enquête et de recherche de nos polices locales", résume le député Eric Thiébaut (PS) qui a interpellé le ministre ce mercredi 16 mai en Commission de l’intérieur.

Le bourgmestre d’Hensies rappelle l’utilité de cet appui. "Grâce à l’équipe de descente criminelle de la PJF de Mons-Tournai, les services de police ont gagné en professionnalisme dans ce travail d’enquête complexe. Il est dès lors primordial que les acquis de la réforme de 1998 ne soient pas sacrifiés sur l’autel des restrictions budgétaires. La sécurité de nos concitoyens en dépend."

Jan Jambon s’est contenté d’une brève réponse. "Ce courrier a retenu toute mon attention. Il est en cours d’analyse et fera l’objet d’une réponse circonstanciée. […] Nous allons garder les front offices dans chaque arrondissement. Les tâches qui sont gérées par ceux-ci resteront près des scènes de crime, mais des données seront transférées vers les back offices . Je pense qu’il s’agit d’un bon compromis entre efficacité et approche locale", estime le ministre de l’Intérieur.

Pas certain que les hommes de terrain approuvent cette méthode de travail.