Mons Accusé du meurtre de Laeticia Bauwens, le Colfontainois est en aveux partiels

Les faits pour lesquels Cédric Maton doit répondre devant la cour d’assises du Hainaut sont abjects : meurtre, tentative de viol, attentat à la pudeur, tentative de vol au préjudice de Laeticia Bauwens, 22 ans, une étudiante binchoise, sans histoire scabreuse.

C’était le samedi 22 avril 2017 sur le mauvais parking du Lotto Mons Expo aux alentours de 7 heures. Poignardée mortellement, Laeticia était retrouvée dénudée et ensanglantée par ses amis, sur le sol, à proximité de sa Ford Fiesta. Quelques minutes plus tôt, seul l’accusé, Cédric Maton, était repéré par des caméras. Qui est ce trentenaire ? Que faisait-il là ? Quelles étaient ses intentions ? Les débats devront éclaircir ces incompréhensions. Car pour l’heure, Cédric Maton est le meurtrier présumé de la jeune et studieuse Laeticia, venue à Mons pour rejoindre ses amis et assister à un colloque sur la diététique à Bruxelles.

L’acte d’accusation du parquet général est accablant et pointe des éléments troublants. Dix ans séparaient Cédric Maton de Laeticia Bauwens. Ils ne se connaissaient pas, n’avaient aucun ami en commun et des vies diamétralement opposées. Et pourtant, leurs routes se sont croisées ce matin-là.

Dès son plus jeune âge, Cédric Maton va montrer une grande nervosité. Il sera suivi par différents médecins qui le médicamenteront pour le calmer. Il présente un quotient intellectuel de 61,3, ce qui révèle un retard mental léger. Impulsif et pauvre dans ses raisonnements, il n’est cependant pas atteint d’un trouble mental qui aurait altéré sa capacité de raisonnement ou le contrôle de ses actes.

À 17 ans, Cédric Maton a quitté l’enseignement spécial. Cela coïncidait aussi avec ses premières consommations d’héroïne et de cocaïne. La méthadone qui lui est prescrite ne lui suffit pas. Ses calmants non plus. Depuis, il est sans emploi même s’il a suivi quelques formations en maçonnerie. Il vivait dans une maison à Wasmes et bénéficiait d’allocations du CPAS. Il a déjà vécu en couple, un enfant est même né.

Cédric Maton se décrit comme "serviable" mais ne se "laissant pas faire", "capricieux", "nerveux" lorsqu’il n’obtient pas ce qu’il veut. Une sorte de "loup solitaire", "violent" aussi, sans amis très proches. Il est connu de la police pour des faits de vols, de tentative de vol, de coups, de port d’arme prohibée. Il est connu de la justice pour des infractions à la législation sur les stupéfiants. Ce lundi, le président de la cour d’assises entamera les débats avec son audition, qui s’annonce difficile.

Des citoyens face à l'horreur

Avec presque 40 sessions d’assises à son actif, le président Philippe Morandini n’est pas un novice pour conscientiser les citoyens qui ont été tirés au sort pour composer un jury populaire. Durant toute la matinée, il s’est attelé, avec fermeté et respect, à expliquer les différentes étapes du procès du meurtre de Laeticia Bauwens. Il s’est aussi et surtout attaché à pointer l’importance du débat oral et du rôle joué par ces citoyens.

"Nous ne sommes pas dans une série américaine, ce n’est pas celui qui crie le plus fort ou qui sort un lapin de son chapeau qui a forcément raison, précisait-il aux jurés. Votre rôle est essentiel. La justice n’est pas réservée à des personnes dans des bureaux. Notre institution a pour but de tendre à une paix sociale, d’éviter que les personnes se fassent justice elles-mêmes. Juger, c’est une sacrée garantie démocratique !" Le président a aussi rappelé la notion de présomption d’innocence, qui doit prévaloir coûte que coûte. "Je vous fais confiance", a-t-il conclu à l’attention des douze jurés en leur fixant rendez-vous ce lundi à 9 heures.