Mons

L’arrêt dans l’affaire des motards est attendu le 19 juin

Le second round du procès des motards devant la cour d’appel du Hainaut à Mons s’est clôturé mardi sous haute surveillance policière. Un arrêt est attendu le 19 juin en matinée. Le fugitif des No Surrender, capturé en Espagne, a finalement fait défaut au procès alors que cette ultime audience était prévue pour permettre à la cour de l’entendre. Son conseil, Me Herpoel a sollicité un délai d’une semaine afin de prendre connaissance des nouveaux éléments manifestement révélés pas son client depuis sa capture en Espagne.

Compte tenu de l’important dispositif de sécurité déployé ainsi que des moyens mis en œuvre, du fait que le prévenu se soit volontairement soustrait à sa peine et à son second procès en prenant la fuite et que cette audience lui était spécifiquement destinée afin de clôturer les débats, la Cour a rejeté la requête. Son conseil s’est retiré, estimant ne pas être en mesure de le défendre.

L’ex-fugitif a estimé qu’il n’était pas non plus en mesure de se défendre seul de la tentative d’assassinat qui lui est reprochée. “Qu’est ce que vous voulez que je fasse ? C’est un peu abuser, on n’est pas ici dans un dossier pour un vol de sac à main,” a-t-il précisé à la Cour. Faisant donc défaut, il est reparti sous escorte policière dans sa cellule avant d’être ramené à la prison de St Gilles où il est détenu.

En première instance, Mohammed E. a écopé d’une des deux plus importantes peines infligées par la chambre à trois juges montoise à savoir dix ans d’emprisonnement. Le motard des No Surrender a été reconnu coupable d’une tentative de meurtre en 2016, pas d’une tentative d’assassinat. Le parquet a fait appel en ciblant la circonstance de préméditation, la sanction insuffisante infligée et l’absence de mise à disposition du tribunal d’application des peines (TAP). Le motard est définitivement coupable de port et détention d’arme, il est définitivement acquitté de participation à une organisation criminelle et/ou association de malfaiteurs.

Le ministère public a requis à son encontre 18 ans de prison, estimant établie la tentative d’assassinat. “Son projet d’assassinat a été mûri, les écoutes réalisées dans le club house des No Surrender où il explique à un co-prévenu la puissance des armes utilisées en attestent”, a précisé le substitut Moinil.

L’avocat général a également requis une peine de dix ans de mise à disposition du TAP en arguant sur ses nombreux antécédents judiciaires pour des faits de violence et son état de récidive légale puisqu’il a commis de nouveaux faits alors qu’il bénéficiait d’une libération conditionnelle.