Mons

La protection civile s’apprête à fermer ses portes et reste dans le flou le plus total

Il ne reste désormais que quelques semaines de vie à la protection civile de Ghlin. Au premier janvier 2019, la réforme souhaitée par le ministre de l’intérieur, Jan Jambon (NV-A) entrera en vigueur. Quatre casernes, dont celle de Ghlin, fermeront leurs portes.

Aujourd’hui, alors que l’échéance approche, ces agents spécialisés sont toujours dans la plus totale incertitude. “Nous ne savons rien, nous ne sommes tenus au courant de rien. La seule chose dont nous sommes certains, c’est que nous restons opérationnels jusqu’au 31 décembre. Pour la suite ? C’est le flou total”, déplore Joëlle Brouillard, commandante.

Parler de flou serait presque un euphémisme tant cette réforme semble gérée au jour le jour. “Les agents qui ont réussi leurs examens et qui sont donc retenus ont jusqu’au 31 décembre pour prendre une décision, à savoir rester ou partir. Certains d’entre eux, malgré la réussite, envisagent de quitter leurs fonctions. Ce qui signifie que d’autres seront peut-être rappelés. Comment serait-il envisageable de préparer un planning et d’avoir des équipes opérationnelles au 1er janvier dans ces conditions ?"

Seule certitude aujourd’hui, ils seront sept à intégrer la zone de secours Hainaut-Centre et huit (sept agents + 1 capitaine) à rejoindre le Shape. “Ils ont été sélectionnés parce qu’ils répondaient aux conditions de recrutement. Pour ma part, la seule exigence pour permettre ces transferts était que leur arrivée soit financièrement et totalement prise en charge par le Fédéral. Ce qui est le cas. Ca ne coûte rien à la zone”, souligne Pascal Hoyaux (PS), président de la zone de secours.

Pour l’heure, les agents assurent toujours leurs missions. Mais l’ambiance est pesante. “Moralement, c’est extrêmement difficile et personne ne semble en tenir compte. Certains devront parcourir de très nombreux kilomètres sans possibilité de covoiturage. D’autres changeront d’échelle barémique et seront payés comme s’ils sortaient de l’école alors qu’ils ont parfois 30 ans d’expérience ! C’est humiliant et décourageant” , ajoute encore Joëlle Brouillard.

Et de conclure :  “Politiquement, ils ont décidé de supprimer quatre casernes et de modifier le fonctionnement de la protection civile. Nous avons le sentiment que c’est tout ce qui compte et que pour le reste, on bricolera pour que cela fonctionne.”