Mons Le financement de la campagne reste une opération délicate pour les petites listes

La campagne est lancée. Les affiches fleurissent un peu partout, les toutes-boîtes déferlent, les sites se mettent en ligne… Chaque parti tente de gagner les cœurs et les esprits des électeurs. Mais tout cela a un coût évidemment. Et toutes les listes ne sont pas logées à la même enseigne au regard des moyens déployés.

Chaque candidat y va plus ou moins de ses deniers personnels. C’est la tendance générale. Mais certains peuvent déjà se permettre plus de largesses que d’autres. Par exemple, un candidat du mouvement 100 % Citoyen à Morlanwelz devra allonger 50 euros pour la campagne. À titre de comparaison, Georges-Louis Bouchez avait participé à hauteur de 500 euros pour le crowdfunding de sa liste Mons en Mieux.

Certaines listes peuvent aussi compter sur le soutien financier d’un parti traditionnel auxquelles elles sont affiliées. Les grandes formations du pays répartissent ainsi un budget en fonction des enjeux. "Cela dépend du contexte de la commune, des rapports de force, de l’importance qui y est consacrée et des capacités des listes locales à convaincre les instances supérieures", précise Serge Deruette, professeur à l’UMons.

Le PS ou le MR investira ainsi plus dans une commune où il peut tenter de renverser la majorité que dans une autre où le bourgmestre, bien en place, ne craint pas trop l’opposition. Et si les partis traditionnels tiennent compte de ces rapports de force pour répartir leur budget, c’est bien parce qu’un coup de pouce financier durant la campagne peut faire pencher la balance. Or, les petites listes et autres mouvements citoyens doivent composer sans ces rallonges.

"Il est clair que c’est beaucoup plus compliqué pour les petites listes, confirme Serge Deruette. Les candidats qui veulent percer doivent y aller de leur propre poche. Ils peuvent éventuellement tenter d’obtenir un soutien extérieur, mais toujours dans les limites prévues par la loi. Un donateur ne peut pas verser plus de 2.000 euros à une liste et maximum 500 euros par candidats. Ceci afin d’éviter que les élus deviennent les hommes de paille de généreux donateurs."

La loi prévoit aussi des plafonds pour les dépenses électorales. Ils sont calculés par commune, en fonction du nombre d’électeurs. Ils permettent d’éviter de trop grandes disparités entre les différentes listes. Mais si certaines formations devront veiller à ne pas dépasser le seuil autorisé, d’autres se contenteront de lorgner de loin ce plafond inaccessible.

Quid dans les communes de Quiévrain et de Lens? 

A Quiévrain, Vincent Coulon (UPQ) : "Nous allons publier un guide qui sera distribué dans toutes les boîtes. C’est notre plus grosse dépense qui avoisine les 3.500 euros. Nous avons un budget commun pour les candidats qui tourne autour de 150 euros. Nous misons aussi beaucoup sur Facebook. J’anime une page depuis la mi-mandature. Je prépare cette campagne depuis longtemps."

A Lens, Bruno Beltrame (Citoyen) : "Nous avons un financement exclusivement privé. J’y ai mis mes propres deniers. Mes colistiers paient juste leurs affiches avec un maximum de 70 euros. Pour le reste, nous misons sur les bons tuyaux qui limitent aussi l’impact écologique. Nous imprimerons un seul folder. Pour le reste, nous comptons sur les réseaux sociaux, le terrain et le bouche-à-oreille."