Mons Seulement sept agents (sur une centaine) sont certains de rester sur le sol montois mais pas à Ghlin

La protection civile de Ghlin n’est pas au bout de ses peines. La décision du ministre Jambon (N-VA) de supprimer quatre casernes de protection civile sur le territoire dont celle de Ghlin et ainsi réduire de 30 % ce personnel spécialisé passe toujours très mal. D’autant plus que l’échéance se rapproche dangereusement sans qu’aucune piste ferme, définitive et cohérente de reclassement du personnel n’existe véritablement. Le député-bourgmestre Eric Thiébaut (PS) n’arrête pas d’interpeller à ce sujet. Et les nouvelles ne sont pas bonnes ! Seulement sept agents (brevetés pompiers) resteraient sur le territoire montois. Ils sont une centaine à Ghlin.

Même si certaines villes comme Mons ont déposé un recours au Conseil d’État, l’arrêt n’est pas encore tombé. Le sera-t-il avant l’entrée en vigueur de la réforme ? C’est l’inconnue. Sauf que d’ici sept mois, si le ministre ne change pas son fusil d’épaule, la caserne de Ghlin devrait être fermée et vidée de sa centaine d’agents.

Suite à l’interpellation d’Eric Thiébaut (PS), le ministre a précisé que trois projets d’arrêtés royaux étaient rédigés et examinés en première lecture par le Conseil des ministres. "La négociation syndicale de ces trois projets se déroulera prochainement au sein du comité A, commun à l’ensemble de la fonction publique", dit le ministre. Fait certain, pour l’heure les "négociations" et les "concertations" syndicales avec le cabinet se passent mal. "Nous n’avons aucune marge de manœuvre", confirme Joëlle Brouillard, la commandante de la caserne de Ghlin.

Le ministre semble désormais travailler sur trois fronts. "Un premier projet d’arrêté royal permet à chaque zone de secours de lancer un appel aux candidats réservé au personnel opérationnel de la Protection civile. La charge salariale est prise en charge par le SPF Intérieur pendant trois ans, de manière dégressive. Le nombre d’agents opérationnels qui bénéficieront de cette voie de reconversion professionnelle dépendra du nombre d’emplois qui seront déclarés vacants par les zones de secours ou par le Siamu," indique-t-il.

Deux autres projets d’arrêtés royaux prévoient la mobilité vers la zone de secours Flandre occidentale 1 et vers la zone de secours Hainaut-Centre "de respectivement 9 et 7 agents opérationnels de protection civile" dans le cadre des missions liées à la pollution en mer du Nord (Flandre occidentale 1) et à la protection des installations du Shape (Hainaut-Centre). "Dans ce cadre, l’intervention financière du SPF Intérieur n’est pas limitée dans le temps. Dans les trois cas, la zone de secours organise un concours qui comprend une ou plusieurs épreuves, dont un entretien oral."

En attendant, pour le personnel, il n’y a aucune garantie ni sur leur avenir professionnel ni sur leur statut.


Un job d’élite abandonné

En avril 217, le ministre Jambon faisait son annonce tonitruante en garantissant des statuts équivalents et des passerelles entre services. “Or, cela n’a toujours pas été négocié”, peste la commandante de la caserne de Ghlin, Joëlle Brouillard. “Ce qui est proposé aux agents est soit d’aller jusqu’à Crisnée, soit à l’office des étrangers comme chauffeur, ou encore travailler comme call-takers. Ce n’est pas notre métier ! Nos agents ont été formés et possèdent une expertise précise. Certains devraient recommencer tout à zéro. Certains agents risqueraient aussi de ne pas être pris s’ils ratent l’examen.”

Et d’ajouter : “Aucune piste en rapport avec leur métier actuel n’est sur la table. Avec cette réforme, le ministre veut déplacer 30 % du personnel vers des jobs qu’il ne connaît pas. Les agents ont été formés à leur métier actuel durant cinq ans et pourraient se retrouver dans un tout autre métier. C’est surréaliste.” C’est peu d’écrire qu’à la caserne de Ghlin (et dans d’autres aussi), le moral des agents de ce corps d’élite est dans les chaussettes.


Eric Thiébaut, député bourgmestre : “Je suis inquiet !”

“Je suis inquiet parce que les choix qui s’offrent aux agents de la protection civile ne sont pas terribles. Déjà, je regrette à nouveau la disparition de la caserne de Ghlin. Encore davantage que l’avenir du personnel ne s’annonce pas vraiment bien. Les agents sont face à des propositions minimalistes par rapport à leur métier, leur carrière et leur statut. On peut comprendre que devoir aller travailler beaucoup plus loin que le lieu où ils se sont établis ne faisait pas partie de leur projet de carrière. En clair, c’est réduction du financement du fédéral et disparition d’un service, qui devra être refinancé par les zones de secours et donc par les communes. Je constate aussi que ce dossier n’avance pas beaucoup. Il n’y a pas grand-chose sur la table alors que la caserne de Ghlin serait, selon la volonté du ministre, fermée au 1er janvier 2019.”