Mons

Trafic de stupéfiants, culture de cannabis, fausse monnaie, blanchiment d'argent et exploitation sexuelle... La liste n'est pas exhaustive pour cette organisation criminelle démantelée par la police fédérale de Mons-Tournai la semaine dernière.

A la tête de ce dispositif, le businessman Francis Leclaire, un septuagénaire dont le profil est particulièrement atypique.

Des perruques au textile

Cet habitant de Pecq, près de Tournai, a commencé sa carrière dans la coiffure et s'est spécialisé dans les perruques avant d'entamer un premier virage professionel vers le secteur textile dans les années 70. Il fait fortune en important des tee-shirts asiatiques puis fabrique ses propres textiles. 

Son ascension est fulgurante. Il devient PDG de plusieurs usines. Modibel, à Leuze en Hainaut, Texim à Mouscron, une usine qu'il déplace à Roubaix. Là bas, on fabrique pour Carrefour - la marque TEX, Promod, Pimkie, Decathon mais aussi Lee Cooper, Sonia Rykiel…

Fin des années 90, Francis Leclaire passe pour un pionnier dans le renouveau du textile. C'est un visionnaire qui parvient à fabriquer plus vite qu'en Inde ou en Asie.

Déjà interpellé pour de la contrebande

Selon la RTBF, les sociétés qu'il avait fondées sont aujourd'hui en faillite ou ont été revendues. En octobre 2016, il avait été interpellé dans le cadre d'une affaire d'alcool de contrebande mise au jour par les services des douanes. Les enquêteurs avaient également découvert d'autres denrées comme du tabac et du cannabis. L'enquête de plusieurs mois a abouti au coup de filet de la semaine dernière dans le cadre duquel onze mandats d'arrêt ont été délivrés, notamment à l'encontre du businessman tournaisien et quatre membres de sa famille.

Trente-et-une personnes ont été privées de liberté et onze mandats ont été délivrés dans le cadre du démantèlement d'une organisation polycriminelle active, notamment, dans le trafic des stupéfiants et la culture de cannabis, la fausse monnaie et l'exploitation sexuelle. La PJF de Mons-Tournai a procédé, la semaine dernière, à 47 perquisitions dans le cadre de cette action, qui ont conduit au démantèlement de l'organisation. Quelque 290 policiers ont été mobilisés pour ces opérations.

L'enquête se poursuit. La PJF de Mons-Tournai a notamment indiqué que de nombreux documents de comptabilité concernant les sociétés suspectes ont été saisis de même que de nombreux GSM et smartphones, des tablettes et des PC, dont les contenus restent à analyser.