Mons Le bourgmestre au nœud papillon aura laissé une trace après son passage.

Celui qui aurait quitté Mons au début des années 2000 pour revenir 18 ans plus tard devrait se frotter les yeux pour tenter de reconnaître la ville qu’il avait laissée. Les trois mayorats d’Elio Di Rupo ont transfiguré la cité du Doudou. Comme le Passenger d’Arne Quinze ?

À Mons, le combat politique d’Elio Di Rupo a connu un faux départ à l’image de cette sculpture dont la première version s’était effondrée avec fracas à la rue de Nimy. Alors jeune socialiste désireux de bousculer l’ordre établi, Elio Di Rupo s’est dans un premier temps heurté au clan Lafosse. Il lui aura d’abord fallu briller comme ministre à la Communauté française puis au fédéral avant de pouvoir s’imposer dans sa propre ville.

À l’instar du Passenger d’Arne Quinze, l’œuvre politique d’Elio Di Rupo fascine les uns ou irrite les autres. Tout ne s’est pas toujours passé comme prévu. Le sacre de Mons 2015 a connu ses revers, la gare ses retards et le développement des Grands Prés ses dommages collatéraux. Mais l’ouvrage est là, et peut difficilement se dérober aux regards, subjugués ou critiques.

De même que le Passenger qui fera place nette en 2020, le mayorat d’Elio Di Rupo ne pouvait s’éterniser. Mais contrairement à la sculpture d’Arne Quinze, le bourgmestre au nœud papillon aura laissé une trace après son passage. Mons n’est plus la même, 18 ans plus tard.

Assurément, avoir un mayeur président du PS, ministre et même Premier ministre aura permis à la cité du Doudou de décrocher de jolis subsides, parfois convoités par d’autres villes wallonnes. La manne financière risque-t-elle de se tarir avec le relais passé à Nicolas Martin qui, dès juin 2019, ne sera plus que "simple" bourgmestre ?

"Il est vrai que le statut d’Elio Di Rupo a pu aider. Mais dès le changement de majorité au gouvernement wallon, nous avons vu une différence, certains projets étant sacrifiés pour Mons", commente Nicolas Martin. "Nous allons continuer à travailler la qualité de nos dossiers. Et surtout, porter des dossiers qui concernent le bassin de vie Hainaut-Centre. Nous sommes en bonnes relations avec Jacqueline Galant et Carlo Di Antonio pour dépasser les lignes partisanes et défendre ensemble des projets bénéfiques pour notre région."

L’union sacrée pour remplacer le monstre sacré ? Nicolas Martin pourrait lui aussi laisser sa marque à Mons.

G. La