Mons À Mignault comme à Honnelles, les vaches souffrent de la chaleur.

Le bonheur des uns fait toujours le malheur des autres. Pendant que les viticulteurs se frottent les mains, les agriculteurs et éleveurs souffrent. Outre les plantations qui ne demandaient certainement pas autant de chaleur et de soleil, ce sont les troupeaux de bovins qui sont les plus affectés par la sécheresse.

À Mignault, Annie Sacré constate déjà une perte financière importante. "Pour maintenir une production laitière plus ou moins normale, il y a un coût supplémentaire de 75 % par rapport à d’habitude", peste la gérante de la ferme de Cantraine.

Les éleveurs n’ont en effet d’autres choix que de trouver des alternatives pour abreuver les bêtes. "Il faut prendre de l’eau de la distribution", poursuit Annie qui s’occupe de 50 vaches laitières. "En plus de cela, nous devons les nourrir comme en hiver parce qu’il n’y a plus d’herbe sur les pâtures. C’est presque de la poussière. Elles vont donc en pâture le matin et rentrent pour manger de la paille aux heures plus chaudes."

Guy Lisbet, propriétaire d’un élevage de 220 vaches dans la campagne d’Honnelles, doit aller chercher chaque jour 3.000 litres d’eau dans son puits. "Je fais ça tous les matins pour les abreuver dans la pâture", explique ce fermier d’Angre. "On leur laisse quand même la possibilité de rester en prairie ou de venir en étable. Mais dans tous les cas, nous devons modifier leur ration de nourriture car il n’y a plus d’herbe."

Les conséquences sont palpables pour la production laitière de Guy. "Nous avons une grosse baisse de production du lait. Nous perdons facilement 5 litres de lait par jour et par vache. Nous prenons donc environ 20 litres au lieu de 26 ou 27. Les vaches n’aiment pas la chaleur."

Guy, Annie et les autres éleveurs et agriculteurs attendent donc avec impatience le retour de la pluie "mais en quantité raisonnable pour que ça puisse pénétrer dans les sols sans inonder", souligne Annie. "Le plus important est que la température descende", conclut Guy.