Mons Dix citoyens ont rencontré les bourgmestres de Manage, Seneffe et Idea

Écoutés mais pas entendus. Voilà le constat dressé par le comité citoyen "Alternative au Gibet", à l’issue d’une réunion de concertation organisée jeudi soir avec l’intercommunale Idea et les bourgmestres de Manage et Seneffe. Ils ont ainsi pu exposer leurs craintes face à l’aménagement de la zone d’activités économiques (ZAE) de Manage-Nord.

"Le sentiment est plutôt amer. Après plus de cinq heures de discussion, nous ne sommes pas parvenus à faire vaciller Idea", regrette Christelle De Beys au nom du comité. "L’intercommunale entend poursuivre son projet d’aménagement des 65 hectares de terrain."

Pas question pour autant de baisser les bras. "Tout espoir n’est pas perdu de trouver une alternative et de créer de l’emploi dans de meilleures conditions que celles envisagées aujourd’hui. Des voies de recours existent. Nous souhaitons une meilleure exploitation des friches industrielles existantes avant d’utiliser des terres intactes, nos dernières zones vertes."

Car si le comité ne s’oppose pas au développement économique de la région, il exige que les réalités actuelles soient prises en compte. "Tous parlent d’urgence économique : ils veulent créer des zones d’activités économiques à moindre coût pour attirer des entreprises. Nous avons l’impression d’être dans un train fou que personne ne souhaite arrêter."

Si cette première bataille est perdue, le comité ne compte pas lâcher les armes. "Nous restons mobilisés. Le prochain rendez-vous, ce sera le conseil communal de Manage, en janvier. Nous demanderons au conseil qu’il sollicite la création d’une Commission consultative communale d’aménagement du territoire et de mobilité (CCATM) au sein d’Idea. Se prononcer dans le cadre d’une enquête publique, ce n’est pas ça, la concertation.

Pour l’intercommunale , développer cette zone d’activité reste une priorité. "Peu de questions ont été posées sur les travaux d’aménagement en tant que tels, mais nous avons pris soin de répondre à toutes leurs interrogations", précise Emilie Zimbili, responsable communication.

"Nous avons également entendu leurs arguments concernant les friches industrielles. Mais sur Seneffe et Manage, nous sommes essentiellement sur des parcelles de moins de cinq hectares, inadaptées à la demande donc, et trop loin du canal pour en tirer profit. Nous insistons aussi sur le fait qu’un travail important a été mené sur l’intégration paysagère du projet dans l’environnement existant."

Un PV de la réunion sera rédigé et transmis au fonctionnaire-délégué, qui accordera ou non le permis d’urbanisme à l’intercommunale. Parallèlement, des négociations sont en cours avec les propriétaires et exploitants des terrains. L’intercommunale espère pouvoir débuter les travaux fin 2018.