Mons Suspendue des ses fonctions au début du mois, la préfète est de retour au sein de l'école internationale.

Les cours de la section primaire ont été perturbés, et pas qu'un peu, ce jeudi à l'école internationale du SHAPE. Seuls deux enseignants (sur 24 !) étaient présents pour encadrer tant bien que mal la totalité des élèves. Les vingt-deux autres instituteurs et institutrices ont décidé de tout simplement boycotter le retour de la préfète en prétextant un congé maladie. 

"La majorité des enseignants ont prévenu l’établissement", explique Philippe Jonas, secrétaire régional CGSP-Enseignement. "Il très possible que les congés de maladie soient liés au retour de la préfète, suite à une charge psycho-sociale insupportable, mais en tout état de cause les enseignants ne souhaitent pas mettre en péril le bon déroulement de la fin de l’année scolaire des élèves."

Suspendue à titre provisoire au début du mois de mai, la préfète a pu réintégrer ses fonctions ce mercredi 23 mai. Cette décision a en effet été suspendue par le Conseil d’Etat qui a été saisi en extrême urgence. L’instance supérieure aurait tranché au regard du trop petit nombre de témoignages recueillis durant l’enquête administrative commandée par la ministre de l’éducation Marie-Martine Schyns (cdH) qui avait été menée ces derniers mois.

Il y a quelques semaines, les deux inspecteurs en charge de l'enquête ouverte en début d'année avait prôné la suspension provisoire de la préfète. Non pas pour la sanctionner directement mais bien pour faciliter l'enquête administrative déjà ouverte à son encontre. La voilà donc désormais de retour plus vite que prévu. "Ce retour est très mal accueilli, d’autant plus que la remplaçante de la préfète avait fait très bonne impression puisqu’elle était dans une optique de réconciliation", ajoute Philippe Jonas.

L'affaire remonte à plusieurs mois. Tout avait débuté d'une série d'agissements qui lui sont reprochés : abus d’autorité à répétition sur certains enseignants, éducateurs ou élèves, problèmes d’organisation, etc. Les soucis avaient pris une telle ampleur que la ministre de l’éducation s'en était mêlée. "Une mission d’enquête a lieu pour approfondir les contenus d'une première mission d'investigation déjà menée", annonçait Marie-Martine Schyns au mois de février. "L’inspection générale est envoyée dans l’école pour établir un rapport d’enquête, lequel nous permettra de prendre des mesures."

En mars dernier, des arrêts de travail avaient également été marqués par plusieurs professeurs pour demander le départ de la préfète. La suite ? Les enseignants de la section primaire risquent de continuer à protester et à partir en congé maladie. Il est également probable que la ministre de l’éducation contre-attaque auprès du Conseil d’Etat.