Mons

Les règles édictées par l’Association de défense du folklore existent depuis 1976

MONS Le folklore binchois est inscrit depuis 2003 sur la liste du Patrimoine immatériel de l’Unesco. Un statut qui implique un certain respect de la règle. C’est l’Association de défense du folklore binchois (ADF) qui est garante du règlement relatif au Carnaval de Binche. Des statuts relativement stricts, pour qui observe cela de l’extérieur.

“Les statuts existent depuis la fusion des communes, en 1976. Avant, l’association était gérée par trois ou quatre présidents de sociétés. Le président était baptisé le président des présidents. Il gérait l’organisation avec le concours de la ville. C’est le bourgmestre Charles Deliège qui a demandé la création de cette association parce qu’à l’époque, toutes les personnes qui habitaient l’entité binchoise pouvaient faire le gille à Binche” , explique Gauthier Dewinter, président de l’ADF.

Parmi les règles premières, notons la nécessité d’avoir la nationalité belge et d’être de sexe masculin. Mais aussi, de ne pas avoir participé à aucun autre carnaval avant sa majorité. “C’est l’une des raisons qui soulèvent des tensions. Avant, le fait d’avoir participé à un autre folklore était rédhibitoire. On évolue, mais cela reste très strict et ce n’est pas facile d’y entrer.”

Le règlement a fait l’objet d’une modification l’an dernier. Des phrases ont été améliorées. Une commission a planché pendant deux ans pour le faire évoluer. C’est ainsi que, dans les dernières règles apparues, on trouve le fait que, si quelqu’un fraude et est découvert, il peut être radié à vie.

“Depuis l’inscription à l’Unesco, nous avons beaucoup de demandes. Il faut savoir qu’avant de proposer un gars à l’ADF, il faut qu’il soit accepté dans sa propre société et doit avoir deux parrains. L’ADF tranche les cas litigieux. Cela écrit, on n’est pas au bagne. Ailleurs, chacun est libre de faire partout le gille à sa manière. À Binche, on a ça dans le sang.”

Notons encore : le gille ne sort pas de Binche, ne se déplace pas autrement qu’à pied ni sans tambour, ne peut pas s’asseoir, ne peut pas manger en public, ni fumer, ni embrasser sa compagne, ne peut pas être saoûl et doit avoir une tenue correcte. “Cela peut paraît étrange, on n’a pas l’occasion de boire beaucoup, et on a des problèmes de déshydratation. L’an passé, on a compté sept ou huit cas.”



© La Dernière Heure 2012