Mons Di Rupo toujours partant. Martin veut être "légitime" et Bouchez joue "l’alternative"

Les projecteurs sont tournés vers le chef-lieu hennuyer pour octobre 2018, principalement en raison des personnalités politiques en présence. Soyons clairs, le suspense ne réside pas en un potentiel retournement de majorité. Car le PS, aussi malmené soit-il dans les sondages, détient sous l’ère Di Rupo une majorité forte et souvent absolue à Mons. Il avait 29 sièges en 2012 (sur 45), 27 en 2006, 30 en 2000. En 1994, il faisait 20 sièges et s’était allié aux 10 sièges du PSC, mais à l’époque il n’y avait pas "Mons en mieux", ni Ecolo, ni le PTB. L’opposition détient 16 sièges, dont 8 pour le MR, 3 au CDH, 3 chez Ecolo, 1 chez Citoyen et 1 chez PTB. Donc en 2018, l’objectif dans l’opposition est de casser cette majorité absolue et de décrocher un billet pour l’exécutif via une coalition. L’objectif de la majorité PS est de conserver sa majorité absolue et de (peut-être) se choisir un allié.

Le vrai premier match, il est d’abord interne au PS : Nicolas Martin versus Elio Di Rupo. Le premier mène pour la première fois les socialistes montois, le second pousse en conservant une porte ouverte. Car ce qui était des élucubrations suite à l’annonce du retrait du mayorat de Di Rupo il y a quelques mois ne l’est plus. Selon le code de la démocratie locale, c’est le candidat qui fait le plus de voix sur la liste majoritaire qui devient bourgmestre. Et cela, Di Rupo le sait très bien et le savait déjà lorsqu’il a annoncé de ne pas être candidat à sa propre succession, personne (et certainement pas lui) n’a oublié son exil sous l’ère Lafosse père en 1988.

Résultat ? Di Rupo n’est plus si catégorique sur son avenir montois et Martin pose publiquement aussi ses conditions en affirmant vouloir "être un bourgmestre légitime". Autrement dit, "j’ai besoin de voix de préférence", glisse-t-il à l’électeur socialiste. Car à ce jeu-là, Di Rupo à Mons est un champion (14.378 voix en 2012).

Deuxième match : la liste de Georges-Louis Bouchez "Mons en mieux" parviendra-t-elle à casser la majorité absolue du PS ? Ses candidats parviendront-ils à concrétiser leurs sièges ? Possible, mais pas grâce à la liste seule. Le probable score de Bouchez, une percée d’Ecolo, un statu quo ou une chute d’Agora-CDH ainsi qu’une montée du PTB, viendraient saupoudrer les résultats.

Troisième match : la coalition. Martin (tout comme Di Rupo) affirme être favorable à une ouverture à un autre parti, même si le PS décroche une majorité absolue confortable. À n’en pas douter, "Mons en mieux" de Bouchez ne fait pas partie des favoris. Bipartite ou tripartite sont sur la table : PS/CDH ou PS/Ecolo, ou encore PS/CDH/Ecolo. On se doute que le CDH en 2016 a négocié un accord post-2018. Sauf qu’Agora-CDH doit non seulement confirmer ses trois sièges, surtout ne pas en perdre, mais aussi peser davantage qu’Ecolo, actuellement à ex æquo en nombre de sièges.

D’autant qu’en 2016 les verts étaient à un chouïa de faire craquer le PS de Di Rupo. À ce stade, les verts ne se positionnent ni pour Martin (ni pour Di Rupo), ni pour Bouchez, mais veulent jouer un rôle de "pivot" entre les deux ennemis. Pas simple, car en cas de rancœurs électorales tenaces, le PS, qui a ouvert sa liste aux Citoyens de Joos, pourrait aussi estimer qu’il a déjà "ouvert à d’autres sensibilités" pour composer une majorité et donc ne plus estimer devoir négocier avec un autre mouvement politique.