Mons Même sans autorisation, le site de Géothermia reste un lieu de choix

Les gens du voyage installés sur Géothermia, propriété de l’intercommunale Idea, le long de l’autoroute E19/E42 à hauteur de Ghlin, lèvent le camp. Depuis une semaine, des dizaines de caravanes y étaient stationnées. La surprise avait encore été grande pour les autorités communales montoises et l’Idea puisqu’ils ne s’étaient pas annoncés comme le prévoit pourtant le décret wallon. La problématique reste identique depuis des lustres maintenant.

Rappelez-vous, en 2016 déjà, un débarquement de près de 200 caravanes avait provoqué le branle-bas de combat. À tel point que la Ville de Mons avait été contrainte d’obtenir un ordre d’expulsion en urgence par le tribunal de Mons. En 2018, la Ville patauge toujours pour dégoter un terrain capable de les accueillir lorsqu’ils sont de passage. Il y a déjà bien eu des pistes, certaines proches d’aboutir, mais rien n’y fait.

Depuis plus de dix ans, la Ville de Mons s’est officiellement engagée auprès de la Région wallonne dans un projet pilote qui vise à aménager un terrain pour accueillir les nomades en campagne. La démarche est épaulée, encouragée et subsidiée par la Région wallonne. Oui mais voilà, la volonté d’aboutir semble quelque peu s’effriter. Du coup, Georges-Louis Bouchez, administrateur à l’Idea, en a ras-le-bol. "Le terrain promis par la Ville de Mons n’est toujours pas là", peste-t-il. "Ensuite, à partir du moment où ils ne demandent pas l’autorisation pour s’installer, il faut procéder aux évacuations immédiates par la police. Ici, ils s’installent de manière illégale. Nous n’avons pas à subir cette présence sans autorisation !"

Certes, ce terrain Géothermia est très bien situé mais ce sont plutôt les entreprises que l’intercommunale tente de capter. "Ce n’est pas à l’Idea à se substituer aux obligations et/ou missions de la Ville. Ce terrain doit servir à l’installation d’entreprises et pas à une occupation de terrain par les gens du voyage. On ne peut pas être mis sans cesse devant le fait accompli et seulement après entrer dans une logique de négociations. C’est comme si j’allais occuper l’hôtel de ville de Mons, et après négocier pour y rester dormir sept jours. La liberté de chacun ? D’accord, mais il faut aussi une régularisation et une sécurisation de l’espace public."

À la Ville de Mons, on confirme qu’ils sont sur la route des Saintes-Maries-de-la-Mer pour leur rassemblement annuel. "Notre médiatrice des gens du voyage a été les voir quasi tous les jours. La Ville a négocié la gestion des déchets avec des sacs-poubelle." En ce qui concerne le futur terrain aménagé, c’est une autre paire de manches. "La Ville n’a pas abandonné ses recherches mais force est de constater qu’elles sont compliquées pour trouver un terrain qui puisse satisfaire toutes les conditions, notamment de taille," a conclu le cabinet du bourgmestre, Elio Di Rupo (PS). En d’autres termes, la décennie déjà écoulée en recherche va repartir de plus belle.