Mons

En aveux, la prévenue présente des troubles psychiatriques sévères, selon la défense

La chambre criminelle du tribunal correctionnel de Mons s’est réunie, ce lundi, pour étudier le cas d’une quinquagénaire, Serafina Piredda, qui le 21 octobre 2016 a littéralement massacré Anne-Marie Sautelet (74 ans). De l’aveu de tous les intervenants de ce dossier, la scène de crime, située dans l’habitation de la victime à la rue Alfred Dendale à Boussu, était atroce.

La victime, Anne-Marie Sautelet a été retrouvée morte dans sa cuisine. Elle présentait de nombreuses traces de coups mais surtout le crâne complètement défoncé et une oreille arrachée. Du sang recouvrait toute la cuisine. Prévenue de meurtre pour faciliter le vol, Serafina Piredda, une voisine alcoolique dépressive, est en aveux. À l’audience de ce lundi, elle a, en pleurs, réitéré ses aveux. Ce jour-là, elle ne se sentait pas bien, elle s’est rendue à la librairie à plusieurs reprises pour acheter des cannettes de bières et des tickets à gratter alors qu’elle est sous traitement médicamenteux contre sa dépendance à l’alcool.

Son ex-mari a jeté une première fois les six cannettes de bières achetées. Pas grave, elle est allée en racheter avant de se rendre chez la septuagénaire. Une fois chez Anne-Marie Sautelet, Serafina lui a réclamé 10 euros. La victime a refusé en la traitant “de mendiante”. Il n’en a pas fallu plus pour qu’elle pète les plombs. “J’ai disjoncté”, dit-elle au tribunal. Et pour cause, elle s’est munie d’un marteau et d’un tisonnier pour la frapper violemment et jusqu’à ce que mort s’en suive. Serafina a pris soin de retourner toutes les pièces de la maison et de dérober les bijoux de sa victime avant de partir.

Pour le ministère public, il n’y a aucune excuse : gravité, violence, massacre fatal. L’avocat général a réclamé 28 ans de prison et 10 ans de mise à disposition du tribunal d’application des peines (TAP). La défense a insisté sur les “troubles psychiatriques sévères” de la prévenue, estimant qu’elle n’était pas responsable de ses actes au moment de faits. Jugement le 7 mai.