Mons Ils comparaissent comme co-auteur de l’assassinat de Françoise Michaux

La chambre "crimes" du tribunal correctionnel de Mons a ouvert le procès du troublant assassinat de Françoise Michaux (72 ans) commis dans son manoir de Roisin le 12 octobre 2013. Tuée de deux balles, l’une dans la tête et l’autre dans le dos, Françoise Michaux a été retrouvée morte dans le salon de son manoir. Qui a tué froidement cette veuve septuagénaire ? Et quelles étaient les motivations ?

Pour l’avocat général, l’assassinat a été commandité par la belle-fille de la victime, Anne Cornu, qui s’est fait épauler dans ses desseins meurtriers par un ex-compagnon (Edouard Donys) et un ami SDF de ce dernier (Grégory Dumont).

Le trio , malgré de nombreuses déclarations, nie être impliqué et chacun nie avoir tiré. Cornu affirme qu’elle considérait Françoise Michaux comme sa "maman". Donys affirme, lui, que Cornu l’a pressé d’engager un "tueur" pour se "débarrasser de la belle-mère", en échange d’une coquette somme d’argent. Donys reconnaît avoir trouvé Dumont pour Cornu, lui avoir fourni une arme et l’avoir ensuite jetée dans la Meuse.

Dumont a avoué avant de se rétracter en juin 2015, arguant désormais qu’il avait refusé d’honorer le contrat. "Je suis peut-être un vendeur de drogues, un escroc mais pas un tueur." Dumont s’était pourtant planqué dans un petit chalet, à côté de la maison, pour épier les faits et gestes de Françoise Michaux. C’est lui aussi qui a retourné une armoire dans la maison avant l’arrivée de la police.

Après une matinée d’instruction d’audience, les prévenus se rejetant les responsabilités, de nouvelles versions ont commencé à fleurir les débats. L’avocat général Godard s’est alors attaché à retracer les éléments. Car du côté du ministère public, cet assassinat, ils en sont tous les trois coupables. Et c’est l’argent d’un héritage qui en est le mobile.

À la mort d’Yves Cornu, père d’Anne, son patrimoine immobilier (en Belgique et en Espagne) et son argent (dont des centaines de milliers d’euros sur un compte en Suisse) revenaient tout ou en partie à sa compagne Françoise Michaux. Ce serait seulement à la mort de celle-ci qu’Anne Cornu bénéficierait de la totalité des avoirs de sa famille. La situation était inacceptable pour la belle-fille qui a sollicité "l’aide" de son ex, magouilleur et archi-connu de la justice pour escroquerie. Dumont avait besoin d’argent pour assurer sa cavale.

Des peines de minimum 25 ans de prison ont été réclamées à l’encontre des trois prévenus. Le ministre public a pointé la gravité des faits contre une personne vulnérable, la personnalité des prévenus et le mobile de lucre.