Mons

La belle-fille de Françoise Michaux a réclamé son acquittement

La chambre “crimes” du tribunal correctionnel de Mons attendait, ce mardi, les plaidoiries de la défense d’Anne Cornu, Edouard Donys et Grégory Dumont, accusés d’avoir respectivement joué les rôles de commanditaire, d’intermédiaire et d’exécutant dans l’assassinat de Françoise Michaux (72 ans), commis dans la nuit du 11 au 12 octobre 2013 à Roisin. Lundi après-midi, le parquet général a réclamé trois peines de 25 ans de prison à l’égard des prévenus, qui contestent néanmoins l’assassinat.

À la défense des prévenus, il allait falloir mouiller le maillot. Et Me Bouchat, conseil d’Anne Cornu, n’a pas démérité durant trois heures ce mardi en démontant chaque argument présenté la veille. Anne Cornu, belle-fille de la victime, dépressive à tendance alcoolique, serait selon l’accusation la commanditaire de l’assassinat ? “Aucune preuve !” dit Me Bouchat. “Sa situation financière est confortable, elle dispose aussi de liquidités, personne n’a jamais observé de tensions entre elle et la victime. Au contraire même, elles étaient complices, avaient des projets, géraient ensemble l’héritage laissé par Yves Cornu.”

En dix points, l’accusation avait pointé des éléments de culpabilité à charge d’Anne Cornu. Citons la présence d’un mégot de cigarette avec son ADN dans le chalet du manoir. “Elle y logeait régulièrement. En quoi est-ce une preuve, c’était sa chambre quand elle était adolescente.” L’arme fournie plutôt dans l’année à Donys ? “Il se sentait menacé dans son café, il lui a demandé une arme et elle lui a donné. Elle le dit dans sa première déclaration.”

La téléphonie ? “Au moment du meurtre, elle est dans la région de Charleroi pour rencontrer deux médecins.” Son absence de réaction lors de l’appel à témoins de Dumont ? “Elle a envoyé un sms à son compagnon : ils ont trouvé l’assassin de maman. Enfin une bonne chose.” Quant au mobile de lucre, Me Bouchat n’en a fait qu’une bouchée. “Elle n’a pas besoin d’argent, elle en a ! Elle loue des garages, des appartements, une maison et elle vit de ces loyers. Elle vit comme une recluse, sans artifice.” L’ensemble de son patrimoine a été énuméré.

Il reste cependant une ombre au tableau dressé : Edouard Donys. Du côté d’Anne Cornu, c’est lui qui avait un intérêt certain pour les avoirs et les liquidités de l’héritage. Question personnalité, les experts sont formels. Donys présente des traits psychopathiques, des aspects anti-sociaux, c’est un baratineur et un manipulateur, un séducteur suffisant et narcissique. Bref, un vrai caméléon. Anne Cornu, elle, est plutôt décrite comme “peu soucieuse des gens qu’elle fréquente”, “éprouvant un certain plaisir à côtoyer des gens peu fréquentables”. Avec force, elle a réclamé son acquittement.