Mons

Le macabre double assassinat de Hensies revient pour une semaine à la cour d’assises de Namur

Sept femmes et cinq hommes ainsi que deux suppléants ont été désignés pour faire partie du jury qui doit statuer sur la hauteur de la peine à infliger à Valentin Devriese (22 ans). Il a été reconnu coupable de séquestration, non-assistance à personnes en danger et tortures en octobre 2017 par la cour d’assises du Hainaut. Il s’agit du dossier macabre du canal de Hensies dans lequel Fanny Colmant et David Dubois ont été jetés vivants, après avoir été ligotés, lestés et bâillonnés.

Neuf personnes au total ont été condamnées dans ce dossier. Devriese a été condamné à 12 ans de prison. La Cour de cassation a cassé cet arrêt. Les débats à Namur ne porteront que sur la hauteur de la peine infligée à Devriese, estimée pas suffisamment motivée. Étant donné que la cour lui avait reconnu des circonstances atténuantes, elle devait descendre en dessous de 10 ans de prison.

Ainsi, lors de son interrogatoire ce lundi, Valentin Devriese est revenu sur sa rencontre avec le clan de Cindy Mahieu qu’il a connu par l’intermédiaire d’un ami. Le jour des faits, ils étaient en voiture avec Laly (la fille de Cindy Mahieu) et David Berlemont et ont aperçu Fanny Colmant. Au retour, Cindy Mahieu est mise au courant et leur a ordonné d’aller la chercher, ce qu’ils ont fait sous forme de guet-apens. Devriese était à l’arrière de la voiture.

Lorsque Fanny a réalisé qu’elle était conduite chez Cindy Mahieu, avec laquelle elle avait un différend, elle a été prise de panique et “s’est pissée dessus”. Une fois à l’intérieur de la maison, David Gérard dit “Popeye”, lui a donné un coup, puis Cindy a enchaîné. “Cindy était très énervée, elle était dans une rage folle, je ne l’avais jamais vue comme ça”, a expliqué l’accusé. “À l’intérieur, c’était l’horreur, ça cognait dur”, a-t-il ajouté.

L’accusé a cependant affirmé n’avoir jamais frappé qui que ce soit durant cette nuit, et ce, malgré certaines déclarations. Il nie aussi avoir eu l’idée de jeter les victimes dans le canal, mais reconnaît avoir été présent à “une série de choses” sans agir et ce malgré les huit et cinq heures de tortures et séquestrations subies respectivement par Fanny Colmant et David Dubois. L’autopsie a révélé que tous les deux ont subi un traumatisme crânien dû à une multitude de coups “très violents” et incompatibles avec un état de survie. “ Le processus de ce type de coups est tel qu’après quelques heures, la personne tombe dans le coma puis elle décède.”

Mardi, le jury entendra les auditions de la juge d’instruction et des enquêteurs. Elles sont prévues pour toute la journée.