Mons

Il a été tué d'une balle en plein coeur en 2014

Le tribunal correctionnel de Mons a estimé, ce lundi, que Jordy Deverchin (24 ans) était bien l’unique responsable de la mort de Medhi Youtichène (32 ans), survenue dans la nuit du 2 au 3 mai 2014, dans une cité quaregnonnaise située à proximité du terril de la Flache. Une peine de dix ans de prison lui a été infligée par la chambre à trois juges qui n’a cependant pas ordonné son arrestation immédiate.

Si Jordy Deverchin clamait son innocence dans les faits macabres du printemps 2014, le tribunal correctionnel de Mons lui a imputé le tir qui a été fatal à Medhi Youtichène. Le mobile du meurtre à savoir un règlement de comptes entre le prévenu et la victime a convaincu la chambre à trois juges. D’autant que les deux hommes se connaissaient très bien et nourrissaient un double conflit à savoir une rupture amoureuse (la copine de l’un est partie avec l’autre) et un trafic de produits stupéfiants.

Lors du procès, le ministère public avait ciblé trois scènes de tirs entre Wasmes et Quaregnon. Le prévenu Deverchin en était manifestement la cible. Jusqu’à une énième scène qui a provoqué la fureur du prévenu. “Deverchin, je veux ta peau !” et “sors de ta cachette” l’ont poussé à se munir d’un calibre 7,65, à sortir par l’arrière de la maison et à tirer en plein cœur sur Medhi. Il avait ensuite pris la fuite durant trois jours.

Entre-temps, le tribunal s’est muni d’un jugement car la victime est loin d’être un enfant de cœur. De fait, accompagné d’un comparse, Medhi s’est illustré en commentant un home-invasion deux semaines plus tôt chez la tante de Jordy, habitante de Quaregnon et active dans le milieu des stupéfiants. Cette tante s’est d’ailleurs retrouvée dans de sales draps à l’aéroport de Roissy alors qu’elle revenait de Punta Cana avec sept kilos de cocaïne. Bref, le tribunal en a pris connaissance mais n’a pas retenu la légitime défense qui était sollicitée à titre subsidiaire par Jordy.

Le tribunal s’est basé sur l’emploi du temps contredit du prévenu, les résidus de poudre retrouvés sur ses mains et son volant, ses multiples versions et bien sûr, la téléphonie qui situe Deverchin à l’heure et l’endroit du meurtre. Son risque de récidive et ses deux précédentes condamnations pour des faits de stups n’ont pas non plus joué en sa faveur.