Mons

Le trafic s’organisait depuis l’Algérie et la prison de Mons

 Sept détenus, la moitié pour une autre cause, comparaissent devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Mons. En fait, l’affaire traitée devant la justice montoise concerne une quinzaine de prévenus mais seuls les détenus se sont déplacés. Le tribunal se penche donc sur un important trafic de drogues (héroïne et cocaïne) qui s’opérait depuis l’Algérie et la prison de Mons. La marchandise était écoulée dans le quartier de la gare de Mons, entre le 1er mars 2016 et mars 2017.

Tous les prévenus reconnaissent partiellement leur implication. Ce qu’ils reconnaissent surtout, c’est de consommer tantôt de la cocaïne tantôt de l’héroïne “de manière occasionnelle” et en vendre une partie pour payer leur propre consommation ou encore “pour dépanner” l’un ou l’autre. En substance, le ministère public reproche à l’ensemble des prévenus leur participation à ce trafic de drogues dures et à trois d’entre-eux d’être les dirigeants de l’association de malfaiteurs.

 Deux peines de dix ans de prison ferme ont été réclamées pour ceux qui, selon le ministère, organisaient le trafic. Deux peines de cinq ans de prison, une autre de quatre ans et trois peines de trois ans de prison ferme ont été réclamées. Pour le reste, c’est en-dessous de deux ans et assortis d’un sursis. Tous (ou presque) sont en récidive légale, cela aussi ça aura son importance à l’heure du jugement attendu à la mi-juin.

 Concrètement, l’ensemble du dossier répressif repose sur de l’information policière et les écoutes téléphoniques qui ont mené à une vague de perquisitions, principalement dans la région de Mons (surtout dans le quartier de la gare) mais aussi à Charleroi et Bruxelles. Au total, 11 personnes étaient interpellées et plus de la moitié des individus étaient placés sous mandat d’arrêt. Les enquêteurs de la Police Judiciaire Fédérale (section stupéfiants) frappaient au cœur d’une organisation criminelle active dans la vente en gros de cocaïne et héroïne. Celle-ci alimentait de nombreux dealers qui, à leur tour, revendaient les drogues dures dans différentes régions du pays.

En perquisitions, les enquêteurs ont saisi près de 2 kilos d’héroïne, 700 g de cocaïne, une presse à cocaïne et jusqu’à 28.000 euros en cash. Ce réseau, dirigé depuis l’Algérie, a mis en place divers mécanismes qui lui permettaient de rapatrier les bénéfices générés par ce vaste trafic. Un des organisateurs en charge de l’approvisionnement, du stockage et de la livraison des produits a été arrêté à Bruxelles lors de cette opération policière d’envergure. Ce dernier avait balancé quelques-uns de ses acolytes mais s’est finalement rétracté.

Un autre, déjà détenu à la prison de Mons, prodiguait des “conseils” et des “instructions” à son frère pour écouler la marchandise. Enfin l’un des présumés dirigeants, en Algérie à l’époque, n’a jamais été entendu dans le cadre de l’instruction. Un problème de procédure, soulevé par son conseil Me Mayence, qui pourrait lui valoir son acquittement pur et simple, si le juge conclut à l’irrecevabilité des poursuites.