Mons

Il affirme être dans son droit de récolter des signatures et de filmer les policiers

L’ancien député fédéral, Laurent Louis était de retour ce mardi dans la Cité du Doudou. Il n’était pas question de récolter des signatures en vue de constituer une liste électorale pour les prochaines élections, mais plutôt de répondre devant la justice des faits de rébellion survenus le 8 mars 2014. De fait, l’ex-député est poursuivi pour son altercation avec deux policiers de la zone de Mons-Quévy, l’un de ses ex-colistiers est poursuivi pour des coups et blessures envers une policière et un autre est poursuivi pour avoir largement diffusé les images filmées lors de ladite altercation.

Ce jour-là, le fondateur du mouvement Debout les Belges entendait récolter des signatures sur la Grand-Place en vue de constituer une liste électorale. Il ne s’était pas acquitté des autorisations communales afin d’organiser un tel rassemblement. Les policiers ont voulu contrôler son identité, un téléphone portable est tombé, une policière a été bousculée et s’est fracturé le coude et Laurent Louis ainsi qu’un de ses colistiers ayant filmé les différentes scènes ont été interpellés.

Selon Laurent Louis, il n’avait pas besoin d’une autorisation ce jour-là. “Récolter 5.000 signatures est une obligation de la loi électorale et donc une loi fédérale, pas communale”, explique le prévenu. “À l’époque, il nous en manquait 400 pour présenter une liste Debout les Belges aux élections. Il n’y a qu’à Mons que cela à poser problème. Le policier m’a sauté à la gorge, on n’a jamais vu un député fédéral, en costard cravate, être traité de la sorte. Nous ne sommes pas en Chine ! C’était la première fois de ma vie que je subissais 8 heures de cachot.”

Le prévenu réfute tout acte de rébellion, estime l’intervention policière disproportionnée, illégitime et illégale (il disposait de l’immunité parlementaire) et qu’il était dans son plein droit de récolter des signatures. S’il s’est débattu c’est parce qu’il étouffait : “il s’agissait d’un acte de résistance, non-violent et pacifique.” Laurent Louis a réclamé son acquittement pur et simple.

Du côté de la zone de police de Mons-Quévy, partie civile au procès, on estime que Laurent Louis a dépassé les bornes. Il a refusé d’être contrôlé par les policiers, s’est montré provocateur, et distribuait des tracts sans autorisation. La policière a en outre été blessée au cours de l’intervention. Au ministère public, on considère les faits établis. Laurent Louis risque de 6 jours à 3 mois de prison avec sursis, son colistier risque de 4 mois avec sursis pour les coups qu’il réfute et celui qui a diffusé les vidéos sur les réseaux pourrait bénéficier d’une mesure clémente. Jugement dans un mois.