Mons

Il avait été pris en flagrant délit par une infirmière alors qu’il abusait d’une patiente en coma toxico-métabolique.

Le tribunal correctionnel de Mons a condamné ce lundi un sergent américain, résidant sur la base militaire du Shape, à une peine de cinq ans de prison avec sursis de cinq ans pour ce qui excède les trois mois de détention préventive suivie. Encore sous bracelet électronique depuis septembre 2017, le sergent âgé de 32 ans est à nouveau libre de ses mouvements. Pour dédommager les parties préjudiciées et la société, il devra au total débourser un peu plus de 13.000 euros.

La chambre à trois juges a reconnu établi le viol qu’il a commis dans la nuit du 11 juin 2017 à Mons. Le dossier est sordide. Sa victime, aujourd’hui décédée, était hospitalisée au Foyer Saint-Joseph à Mons et placée dans un coma toxico-métabolique. Lors de cette nuit du Doudou 2017, le sergent a été surpris en flagrant délit de viol par une infirmière du Foyer. Il a aussi été filmé dans les rues de Mons entre la Grand-Place et la rue d’Havré.

Les policiers, rapidement alertés par les services du Foyer, l’avaient attrapé à moitié nu, ensanglanté et le sexe à l’air dans une rue située à proximité des lieux du Foyer. Devant le tribunal, le prévenu a affirmé qu’il ne se souvenait absolument de rien. Confronté aux éléments matériels comme les images de vidéosurveillance mais aussi les expertises médico-légales, il est passé aux aveux, tout en arguant souffrir d’une amnésie la plus complète. “J’avais bu quatre bières et cinq whisky Coca, quelqu’un a certainement mis quelque chose dans mon verre”, répétait-il au procès.

Il risquait très gros, le ministère public avait réclamé sept ans de prison ferme qualifiants les faits de “crapuleux”. Ce n’est pas peu de l’écrire : Ivre, il a fracturé la porte d’entrée du Foyer, s’est rendu au premier étage, a pénétré dans la première chambre où la porte était ouverte, a enlevé le lange de la victime pour la violer. Elle était dans un état de conscience minimale et dans l’incapacité physique de s’opposer à son agresseur.

Le sergent n’est pourtant pas un “habitué” des tribunaux. Marié au Texas, il s’est engagé à 18 ans dans l’armée américaine où il a gravi les échelons jusqu’à devenir sous-officier. En 2015, il a été déployé à la base militaire du Shape de Maisières. En cas d’absence d’appel du parquet, le sergent américain sera rappelé aux États-Unis. Car là aussi, il devra rendre des comptes.

Son comportement, contraire à son statut de militaire américain déployé sur un sol étranger, devrait aussi lui coûter très cher outre-atlantique. Des poursuites spécifiques, liées à l’honneur et aux valeurs américaines, l’attendent en Cour martiale. Fait certain: sa démobilisation ne se fera pas avec les honneurs.