Mons

Des peines de quinze et dix ans de prison sont réclamées par le ministère public

Le 20 juin 2017, un peu avant 10 heures, c’était jour de paye pour les ouvriers de la société Bouvé située à la rue de Douvrain à Ghlin. Deux secrétaires sont présentes et le bureau de patron a l’arrière contient un coffre avec de l’argent. Sauf que ce jour-là, le braquage s’est transformé en tentative de meurtre !

Casqué, ganté et armé, Didier Mortelette, truand de la bande carolo d’Alex Varga, avait fait irruption dans la société pour y subtiliser plusieurs milliers d’euros. Le braquage avait raté mais aussi mal tourné pour un ouvrier de la société qui avait tenté de le stopper. Freddy a été touché par trois des cinq coups de feu tirés par Didier Mortelette. Détenu, il comparaissait ce lundi devant le tribunal correctionnel de Mons. Un autre co-prévenu, sous bracelet électronique, qui n’a pas participé directement au braquage, mais qui est accusé d’avoir fourni les informations à Mortelette, est aussi sur le banc des prévenus.

Bien connu dans le milieu du grand banditisme et de la justice suite à une condamnation de la cour d’assises du Hainaut en 2007, Didier Mortelette risque le plus gros. Car pour le ministère public et la partie civile, il a commis les faits les plus graves et les plus violents. Il est le braqueur de la société, il a tenté de voler 26.000 euros. Il n’y est pas parvenu grâce au courage d’un ouvrier qui s’est interposé et qui a tenté de le mettre dehors. Sauf que Didier lui a tiré dessus trois fois dont une fois dans le thorax, un endroit potentiellement mortel.

Face aux caméras de surveillance, à son ADN, à la téléphonie, et à l’utilisation de la moto de sa compagne, Mortelette est en aveux pour le braquage. Il nie l’intention homicide. “Je me suis débattu, j’ai été pris de panique parce que j’étais étranglé au niveau du casque. Je n’ai pas voulu le tuer. Je voulais juste qu’il me laisse partir”, explique-t-il au tribunal. Le ministère public a réclamé une peine de quinze ans de prison.

Ce braquage, il en est bien l’auteur mais il affirme qu’il a été rencardé par un autre, un certain David, lui aussi sur le banc des prévenus. “C’est lui qui m’a dit la somme exacte qui s’y trouverait, qui m’a indiqué la présence de deux secrétaires, l’endroit où se trouvait l’argent et qui m’a donné l’arme. Nous devions nous revoir et nous partager la somme.”

En fait, ce David est un travailleur de ladite entreprise, l’un des rares à connaître les sommes qui y circulent. Il n’était pas présent lors du braquage mais doit répondre de complicité et de menaces. Il nie fermement en assurant “qu’il a été la bonne poire de ce truand”, qu’il a même dû partir en France suite aux menaces de Didier alors incarcéré. Le ministère public n’y croit pas et réclame dix ans de prison ferme contre David en pointant son manque d’empathie pour les victimes, la préméditation, le caractère organisé, la violence inacceptable,… Jugement à la fin du mois.