Mons

Anne-Marie Sautelet a été “sauvagement” tuée le 21 octobre 2016 dans sa maison à Boussu

Le tribunal correctionnel de Mons section “crimes” a condamné à 23 ans de prison Serafina Piredda (53 ans) pour le meurtre d’Anne-Marie Sautelet (74 ans) commis à Boussu le 21 octobre 2016 afin de faciliter le vol des bijoux. Cette chambre à trois juges a reconnu le “massacre” établi à charge de l’unique détenue, en aveux.

Ce jour-là, Serfina Piredda était ivre, sous l’emprise de médicaments aussi. Elle s’est présentée chez la victime pour lui réclamer dix euros. Anne-Marie Sautelet a, cette fois-là, refusé déclenchant la fureur de la détenue. De l’aveu de toutes les parties, la scène de crime était maculée de sang, du sol au plafond. La victime gisait dans une mare de sang, présentait 43 plaies, sa tête était enfoncée dans le sol jusqu’à 3 centimètres, une oreille en lambeau. Anne-Marie Sautelet n’aurait pas pu servir à pareille violence.

Au procès, la défense a insisté sur ses troubles psychiatriques sévères. Trois experts psychiatres l’ont rencontrée et tous attestent qu’elle est responsable de ses actes. Son attitude juste après les faits en atteste également. “Elle a fouillé et retourné toute la maison pour trouver des bijoux et de l’argent”, note le tribunal. La surconsommation d’alcool et la prise excessive de médicaments ne peuvent tout excuser.

En outre, la prévenue ne conteste pas la matérialité des faits. Elle a aussi été retrouvée à proximité de l’habitation, avec des tâches du sang sur ses vêtements, son ADN, les objets volés,… Au niveau de la peine, le tribunal a tenu compte de l’extraordinaire gravité des faits, de “l’extrême sauvagerie” de ceux-ci, du “nombre ahurissant de coups portés, qui démontrent l’intention homicide” de la prévenue qui a sciemment poursuivi son mélange alcool et médicament alors qu’elle était consciente des effets qu’un tel mélange pouvait avoir sur son comportement.

Rappelons qu’en 2015 Serafina Piredda était condamnée suite à un coup de couteau porté à son ex-compagnon. Pour ces faits, elle a été condamnée à trois ans d’emprisonnement avec sursis probatoire. Il a cependant été tenu compte de son état dépressif et de l’aide sollicitée pour gérer ses assuétudes. Outre la peine de 23 ans de prison, le tribunal a estimé opportun de la condamner à une mise à disposition de dix ans du tribunal d’application des peines (TAP). L’idée est ainsi de s’assurer aussi qu’elle respecte sa médication et son suivi thérapeutique.