Mons

31 personnes ont été interpellées dans ce dossier ouvert il y a près de deux ans

L'opération était d'envergure et a porté ses fruits. Après deux ans d'enquête, la Police Judiciaire Fédérale (PJF) de Mons-Tournai a procédé à 47 perquisitions dans l'arrondissement (Tournaisis, Péruwelz, Hauts-Pays, Borinage et Mons), dans la région namuroise et dans la province du Luxembourg. Elles ont donné lieu à l'interpellation de 31 personnes.

De dimanche à ce jeudi soir, ce ne sont pas moins de 290 policiers et de nombreux services qui étaient mobilisés pour mener à bien cette intervention qui s'inscrit dans le cadre d'un dossier pour organisation criminelle, trafic de stupéfiants, trafic de faux billets, prostitution, fraude douanière et blanchiment.

© PJF

Des liens dans certains volets de l'enquête sont clairement établis avec des clans de la mafia albanaise en ce qui concerne les plantations de cannabis, et la mafia italienne pour le volet faux billets. « Un montage complexe de sociétés écran permettait à l'organisation familiale impliquée dans les divers trafics de masquer les activités criminelles et délictueuses, de blanchir l'argent et de bénéficier de revenus importants », commente le procureur du Roi, Christian Henry.

Sur les 31 personnes interpellées, 11 ont été placées sous mandat, donc les cinq membres de cette même famille originaire du Tournaisis, d'autres ont été libérées sous conditions ou inculpées. « Nous avons démantelé sept plantations de cannabis dont trois étaient actives. 25 kilos de cannabis ont été découverts et détruits, trois bars de la région tournaisienne ont été fermés et plus de 35.000 euros cash ont déjà pu être saisis », ajoute François Farcy, directeur de la PJF.

© PJF

À cela s'ajoutent la saisie de cinq véhicules, de plusieurs armes prohibées dont cinq armes à feu (riot gun, revolver magnum, revolver 320, pistolets,…), de nombreux documents et comptabilités concernant les sociétés suspectes, de documents comptables pertinents, quelque 65 GSM et smartphones, tablettes et ordinateurs qui restent à analyser et, bien sûr, énormément de matériel de plantation de cannabis.

« La PJF travaille sur la polycriminalité. C'est un travail de longue haleine pour lequel nous ne maitrisons pas toujours le timing », précise encore Christian Henry. En effet, une information selon laquelle le principal suspect s'apprêtait à quitter le territoire pour une durée indéterminée à pousser les enquêteurs à passer à l'action dès dimanche.

Sous la direction du juge d'instruction montois, l'enquête est poursuivie par la section stupéfiants de la PJF. Ce coup de filet a été permis grâce à la collaboration des unités spéciales, des PJF de Namur, Charleroi et Luxembourg, des maitres-chiens drogues, du service central DJT, de six membres de la recherche des douanes et des zones de polices locales concernées (Péruwelz-Bernissart, Mons-Quévy, Boraine, Hauts-Pays, Namur).