Mons Le sujet fait actuellement débat au parlement. Les jeunes MR restent quant à eux prudents

Avec le décès de plusieurs SDF toxicomanes à Charleroi ces dernières semaines, le débat a été relancé autour de la création d’une salle de consommation de drogues. Certaines grandes villes, dont Liège, ont déjà mené leurs propres expériences. Si bien que le débat est relancé dans les rangs politiques, où s’accorder sur ce type d’infrastructure est difficile. Du côté de La Louvière, certains organismes ou élus y semblent favorables. D’autres se montrent particulièrement prudents.

C’est le cas des jeunes MR louviérois qui se sont fait entendre par voie de communiqué. "La consommation de drogues constitue souvent une spirale infernale qui peut toucher les plus riches comme les plus pauvres. Une fois le doigt dans l’engrenage, il devient extrêmement difficile d’en sortir. La plupart du temps, une aide s’impose", admettent-ils. "Nous estimons que l’État ne peut cautionner la vente ou plutôt le trafic de drogues dures. À nos yeux, la répression du commerce de drogues dures doit se poursuivre et s’intensifier." Après avoir salué le travail mené en la matière par la police locale de La Louvière, les réformateurs estiment devoir adopter une position "nuancée et pragmatique".

Les avantages de pareille salle ne sont pas remis en cause. "On peut citer une diminution du risque de transmission des maladies grâce à l’utilisation de matériel stérile et la présence d’un encadrement adapté. Par ailleurs, une telle salle permet également d’améliorer l’ordre public puisqu’elle réduit de manière importante les nuisances liées à la consommation dans la rue. Il semble également que la fréquentation d’une salle de shoot par le consommateur lui permette de se reconnecter à la société."

Mais les jeunes réformateurs contrebalancent ces bienfaits théoriques. "Nous ne nous prononcerons en faveur de la mise en place de cet outil qu’à une triple condition", annoncent-ils en prévision d’une possible réflexion dans le chef des autorités locales. "Que le collège prenne connaissance d’études scientifiques, d’expériences pratiques qui ont eu lieu à l’étranger, qu’il en tire les conclusions et les expose au conseil communal."

D’autre part, que des garanties de sécurité soient assurées pour le voisinage et, enfin, que l’ensemble de l’opération soit mené en collaboration avec la police, les hôpitaux de la région et les services sociaux de la Ville, voire également avec le réseau associatif. "Il s’agit d’un sujet complexe, qui doit donc être étudié en profondeur, afin de mieux appréhender la problématique des drogues à La Louvière."