Namur-Luxembourg Accusés de coups de cravache, mains baladeuses et autres à l’école d’équitation de Gesves.

Surprenante histoire que celle qui jette le trouble au sein de l’école provinciale d’équitation et d’élevage de Gesves, dans le Namurois.

L’établissement, dans le milieu équestre, a bonne réputation. Il fait même référence dans cet univers très spécifique. C’est à Gesves, par exemple, que l’on organise le championnat de Belgique des jeunes chevaux. En fait, on y voit défiler des champions, voire des médaillés olympiques, chevaux comme cavaliers.

Dans ses coulisses, à l’occasion, se négocie l’achat de poulains prometteurs qui vont venir grossir des écuries de compétition. Car comme son nom l’indique, Gesves est aussi un haras, un endroit où l’on élève des chevaux. Et pas le premier canasson venu.

Dans l’école, les 60 à 80 jeunes qui suivent l’enseignement vivent sur place la plupart du temps, et sont immergés dans leur univers : il y a une centaine de chevaux à soigner et à entraîner quotidiennement. Dans cet endroit, où on imagine sans peine que la rigueur et la discipline ont droit de cité, a éclaté une affaire de harcèlement. Juste une suspicion à ce stade, mais elle toucherait cinq ou six professeurs qui vont être entendus, et dont quatre sont écartés depuis vendredi.

Tout a commencé jeudi de la semaine dernière. Lors d’un cours de morale, le professeur propose d’aborder le thème du harcèlement. L’atmosphère se tend. Des élèves sont émus et parlent. Des larmes montent aux yeux. On entend à ce cours parler d’insultes, de brimades, de coups de cravache, de coups de pied. Même, semble-t-il, de mains baladeuses et de harcèlement sexuel.

Le professeur prévient immédiatement sa direction. Une procédure interne est lancée. "Le fait d’écarter les professeurs est une mesure préventive, mais on ne pouvait pas faire comme si de rien n’était. Si les jeunes ont des choses à dire, on doit évidemment les entendre. Tout comme nous devons entendre les enseignants", commente Philippe Bultot, député provincial en charge de l’Enseignement, montrant ainsi que tout le collège provincial prend l’histoire très au sérieux.

Même son de cloche du côté de Marie-France Marlière, inspecteur général à la Province. Les enseignants ont été convoqués mardi, les élèves suivront avant la rédaction d’un rapport attendu sur la table du collège ce jeudi. Le parquet n’est pas saisi mais tient visiblement l’affaire à l’œil.