Namur-Luxembourg

En exclusivité, une amie d’enfance témoigne de ce qu'elle a vu avant le décès du bébé il y a un mois.

Notre interlocutrice souhaite rester anonyme pour ne pas avoir d’ennuis. Mais elle est proche de la maman de Lauredana, la petite fille de 16 mois décédée dans son bain, depuis une dizaine d’années. "On a vécu dans la même cité pendant notre enfance et je suis encore proche d’elle. Enfin, je l’étais jusqu’à ce qu’elle soit incarcérée", nous confie-t-elle.

Les relations entre le bébé et la maman et même au sein du couple de parents, elle en a été le témoin privilégié ces derniers mois. "Je me suis plusieurs fois demandée si je devais prévenir la police, mais je n’ai pas osé.’"

Aujourd’hui, elle s’en mord les doigts. Raison pour laquelle elle a envie de partager ce dont elle a été témoin. "La maman de Lauredana était très énervée lorsque la petite pleurait. Elle était d’une violence que je trouvais insoutenable avec un bébé : elle la secouait souvent pour la faire taire. Ou alors la bousculait. Il est arrivé à la petite de tomber et de se faire des bosses sur le front à cause de ça."

Selon cette amie d’enfance de la maman, le papa tentait bien de s’opposer à cela, mais "on aurait dit qu’il n’osait pas agir. Il lui disait d’arrêter, mais elle lui hurlait dessus, le menaçait de l’empêcher de voir sa fille… Je ne comprends pas car en même temps, elle disait qu’elle voulait avoir un deuxième enfant. Parfois, je m’en allais pour ne pas devoir assister à ces scènes."

Cette personnalité qu’elle qualifie d’instable, notre interlocutrice l’attribue à la maman depuis l’enfance. "Elle a eu une vie particulière. Ses parents étaient séparés et régulièrement, sa maman la laissait à sa grand-mère pour aller s’amuser avec des hommes. Ce n’est pas pour la juger, mais je pense qu’elle a un petit retard mental et que, vu ses colères, elle n’aurait jamais dû avoir d’enfant. De ce que j’ai pu voir, elle lui donnait le bain passé 21 h voire 22 h et lui donnait à manger n’importe quoi et de manière anarchique : un biberon le matin et le soir et des frites sur toute la journée par exemple."

Selon ses dires, le papa du bébé de 16 mois décédé était plus calme et tempéré. "Je le connaissais depuis moins longtemps. Mais il était plus mûr, plus posé, protecteur vis-à-vis de sa fille. Mais il semblait avoir peur. Il subissait beaucoup de crises de jalousie. Elle le harcelait et l’espionnait sans cesse. Il était à bout, il me l’a avoué peu de temps avant le drame."

Autre comportement répété qui a inquiété notre interlocutrice : le bain donné à la petite fille. "Sa maman faisait couler une baignoire entière avec de l’eau trop chaude, comme pour un adulte. Elle avait de l’eau jusqu’au cou. Et la laissait seule pour aller à la cuisine par exemple. Ça m’inquiétait. Mais quand je lui en parlais, elle me disait qu’elle savait ce qu’elle faisait." Le papa aussi aurait émis des remarques quant à la température de l’eau, mais se serait fait rabrouer.

Notre témoin ne sait pas ce qu’il s’est réellement passé le soir du 19 mars. "Elle nous a d’abord dit que la petite avait bu la tasse dans le bain, mais que ça avait été et qu’elle s’était étouffée après dans le salon. Puis elle a dit qu’elle était tombée toute seule de la table à langer dans la baignoire et que c’est comme ça qu’elle se serait noyée. Ensuite, au funérarium, elle a accusé le papa d’avoir noyé volontairement la petite."

Le scénario semble aussi obscur pour les enquêteurs qui espèrent y voir plus clair avec la reconstitution prévue la semaine prochaine.