Namur-Luxembourg

Cela fait 30 ans que l'UNamur propose des master à horaire décalé

Chaque semaine, près de 180 personnes se déplacent après leur travail pour participer aux cours de bachelier et de master en économie et en gestion à l’Université de Namur. Objectif: donner une nouvelle impulsion à la carrière d'adultes qui n'avaient pas eu l'occasion de suivre des études universitaires en économie et gestion, et contribuer au développement économique de la région grâce aux nouvelles compétences acquises par les étudiants. 

L’engouement pour les études à horaire décalé en économie et en gestion à l’UNamur ne cesse de croitre. 180 étudiants sont actuellement inscrits dans ces programmes. Le nombre de diplômés a quintuplé en 30 ans, passant d’une dizaine en 1991 à près de 50 en 2017. En trente ans, 700 adultes ont décroché un diplôme de master ou de licence.

Laurence Leprince, directrice générale de la Ville de Namur, a suivi une licence en sciences économiques et de gestion à horaire décalé à l’UNamur (promo 2003). Ce qui lui a permis de réussir le concours et d'être responsable depuis décembre de l’administration de la capitale wallonne, de son personnel et du fonctionnement des services. 

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Pourquoi avoir entamé des études à horaire décalé?

J’étais graduée en marketing et je suis rentrée à la Ville de Namur tout de suite après mon graduat. Dans une fonction publique, et un pouvoir public local notamment, nous sommes soumis à la révision générale des barèmes. De par mon diplôme, j’étais bloquée au grade auquel j’avais été engagée. J’avais deux solutions : soit attendre des promotions et nominations éventuelles, sachant qu’à l’époque, la Ville de Namur n’avait plus nommé depuis plus de 15 ans, ce qui a changé depuis ; soit je prenais la voie rapide de reprendre des études, ce que j’ai fait.

Pourquoi à l’Université de Namur?

Je travaillais à temps plein et j’avoue avoir fait le choix de Namur parce que j’étais maman d’un bébé de 9 mois – j’ai d’ailleurs eu mon dernier enfant en dernière année – et éviter les trajets était très précieux. Ayant déjà le marketing dans ma formation, l’économie et la gestion me parlaient bien, et l’aspect gestion surtout pouvait m’être précieux dans le cadre de mon évolution de carrière. Cela a d’ailleurs été le cas ensuite.

Comment s’organise la vie quand on est maman, qu’on est professionnellement active et qu’on entame des études à horaire décalé?

Il faut savoir que reprendre trois années d’études, en cours du soir, en cumulant un travail à temps plein et une vie de famille, c’est un gros investissement. Pendant un certain temps, on met sa vie sociale un petit peu de côté. J’avais la chance – et je l’ai toujours d’ailleurs – d’avoir un mari très présent, qui m’a beaucoup soutenue et qui m’a aidée dans l’organisation au quotidien, ainsi qu’une famille qui était là aussi pour les côtés logistiques et pratiques. Il faut aussi être très organisé, et je pense que c’est ce qui fait notamment la force des cours à horaire décalé. Il y a un autre esprit entre les étudiants, une certaine solidarité. On avait constitué un groupe de quatre avec des profils un peu différents et on se complétait plutôt bien les uns les autres, chacun avait ses forces, ses faiblesses également. On mutualisait nos forces et cela nous a permis à tous les quatre d’arriver au terme de nos études. Nous sommes toujours en contact à l’heure actuelle, alors que nous sommes éparpillés sur toute la Belgique. On essaie de se voir au moins une fois par an, et cela fait quand même quinze ans maintenant que nous sommes sortis !

Avec le recul de l’expérience, quels sont les éléments les plus positifs du cursus à horaire décalé?

Je pense que le gros avantage pour soi et probablement pour l’employeur, c’est qu’on doit absolument avoir un sens de l’organisation et des priorités assez important. Il faut faire face quasiment à deux fonctions à temps plein. Être étudiant universitaire prend déjà beaucoup de temps, tout comme travailler à temps plein et avoir une charge de famille également. Il ne faut pas se laisser dépasser. Mais en fait, j’ai gardé un excellent souvenir de mes études. Je ne me suis rendu compte que c’était pesant que lorsque cela s’est terminé. Quand c’était les congés scolaires, j’avais presque l’impression d’être en vacances même si je travaillais !

Après vos études, qu’est-ce qui a changé concrètement dans votre vie professionnelle?

Cela m’a donné très rapidement la possibilité d’évoluer au sein de mon administration. Dès la fin de ma 2e année, j’ai pu anticiper mon diplôme et accéder à une fonction de chef de service, puis cela a continué. Cela m’a aussi apporté le côté gestion et management. Il y a des outils de gestion que j’ai appris et que je mets en pratique. Chacun, en fonction de son travail et de son secteur d’activité, va mettre en œuvre ce qui lui est le plus utile.

Diriez-vous que le jeu en vaut la chandelle?

Clairement. C’est une expérience vraiment très enrichissante intellectuellement et humainement. Ca a vraiment changé ma vie professionnelle, c’est un sacrifice, mais pour énormément d’avantages par la suite. Dans mon groupe, on a eu tous les quatre une belle évolution et une réorganisation de carrière par la suite. L’un d’entre nous a complètement changé d’orientation professionnelle et s’est orienté vers l’enseignement, un autre a changé d’employeur, et une autre est passée d’employée à responsable. Cela a changé et amélioré notre vie professionnelle!