Namur-Luxembourg L’élève de l’institut Saint Marie participe aux clips de cette année en faveur de l’école inclusive

Chaque année, Cap 48 choisit un thème. Pour 2015, c’est l’école inclusive - l’école traditionnelle qui accueille les enfants différents - qui se trouve au centre de la campagne qui se clôturera par une soirée télévisée sur La Une (RTBF) le 11 octobre prochain.

L’un des visages de cette campagne, c’est Sacha. Le jeune Namurois de 10 ans souffrant de surdité sévère a enregistré plusieurs clips diffusés actuellement en télévision et sur internet. Son texte ? "Dring ! Je suis Sacha et je suis sourd. Cette sonnerie est celle de la récré à l’école où je voudrais aller. Mais elle n’est pas encore accessible à des enfants comme moi."

Or, l’accès des enfants porteurs de handicap à un enseignement inclusif est un droit reconnu par l’ONU. Et c’est tout bénéfice pour la société qui doit apprendre la vie en commun plutôt que reléguer les différences dans l’enseignement spécial.

"Sur les sept enfants qui ont participé à ces clips, seuls Sacha bénéficie d’une école inclusive", explique sa maman. "Nous sommes très reconnaissants à Sainte Marie Namur où le projet existe depuis 15 ans, de l’avoir accueilli dès la maternelle car cela demande beaucoup d’efforts, notamment pour les institutrices qui doivent travailler en binôme avec un enseignant traduisant en langue des signes. Aujourd’hui, une quarantaine d’enfants bénéficient du programme dans l’école - y compris en secondaire et grâce à l’aide de Cap 48 - mais c’est rare."

Sacha , lui, a trouvé l’expérience du clip "cool". "J’ai dû m’entraîner à dire le texte puis on a enregistré les phrases. Un monsieur m’a aidé à le dire convenablement", dit-il. Il a découvert le montage lors de la conférence de presse pendant laquelle il a remis une clochette à la ministre Joëlle Milquet. Un rappel à l’ordre car la Communauté française n’aide pas encore toutes les classes de secondaire.

"Or, si Sacha devait suivre une classe normale, il aurait des difficultés. D’accord, il entend grâce à un appareil, mais pas aussi distinctement que nous. Il comprend mieux quand il lit sur les lèvres. En classe, avec le brouhaha, le prof qui parle en marchant ou en écrivant au tableau, cela serait très compliqué de suivre", détaille sa maman.

Magali Veronesi