Namur-Luxembourg Deux Hollandais se sont fait prendre à bord d’une voiture un peu trop voyante en attendant leur acheteur

Trois hommes, dont deux frères d’origine néerlandaise, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Marche pour un trafic de stupéfiants.

Les prévenus ont été interpellés en juillet 2014 à la Baraque Fraiture. Un malheureux concours de circonstance, doublé d’une bonne dose de naïveté.

Les deux frères attendaient un acheteur sur un parking, quand un accident s’est produit quelques mètres plus loin. Les policiers arrivés sur place pour procéder aux constations d’usage ne se seraient probablement jamais intéressés aux deux Hollandais, si leur voiture n’avait arboré un look aussi inhabituel : une trentaine de sapins magiques suspendus au pare-brise, et un sticker à l’effigie d’une feuille de cannabis sur le véhicule, immatriculé aux Pays-Bas.

Les deux frères seront interceptés en possession de cannabis et placés sous mandat d’arrêt. Tout comme leur client, qui se fera prendre avec 1.000 € en poche à son arrivée sur place. "Il venait nous payer pour deux livraisons antérieures de 350 grammes", reconnaissent les deux frères. "Le cannabis dans la voiture, c’était pour notre consommation personnelles." Les Néerlandais et leur client se connaissent depuis longtemps. Eux sont responsables d’une société aux Pays-Bas, lui vit sur la mutuelle avec une compagne et cinq enfants à charge.

Le parquet estime qu’il y a association de malfaiteurs et réclame des peines d’emprisonnement de 8 et 10 mois pour les deux frères et un an avec sursis pour leur acheteur. "Je ne vois pas où il y a association", objecte Sylvian Danneels, l’avocat du troisième larron. "Il n’y a pas de partage de butin, et mon client n’était pas là pour revendre pour eux. Les sapins, les stickers… Tout cela démontre qu’il n’y a aucune organisation, ni d’un côté, ni de l’autre."

Mêmes arguments du côté des deux frères. "Ils sont restés sur place alors que la police venait d’arriver. Ils n’étaient pas conscients de la gravité de leurs actes et à aucun moment ils n’imaginaient pouvoir aller en prison pour ça", ajoute leur avocat, Julien Docquier, qui demande la suspension du prononcé. Son confrère sollicite le sursis. Le jugement sera prononcé le 20 janvier.

N. P.