Namur-Luxembourg Le musée des Ardennais orphelin de son gardien.

L’annonce du décès de Bernard Goffinet, officier supérieur à la retraite et conservateur du musée des Chasseurs Ardennais, a créé un véritable choc au sein du régiment et en dehors. Bâti comme un roc il a succombé à la maladie et s’est éteint ce samedi 20 janvier. Il a marqué au moins deux générations, la sienne et celle des hommes qu’il a eu sous ses ordres, à qui il a appris le métier des armes. C’est ce qu’on appelle un vrai, un inoxydable Ardennais. 

Selon le président national de la Fraternelle, Ivan Jacques, il perd à la fois un membre actif et un ami proche : « Bernard est un ardennais depuis toujours. C’est un monument, un homme généreux. Je perds un ami et un soutien car il était depuis des années le conservateur de notre musée et président de la section régimentaire de notre Fraternelle. Il y aura du monde à son enterrement et pas seulement des militaires car il s’est impliqué dans la vie sociale de sa région. C’est lui qui a créé le club de rugby de Marche, il s’occupait des 3 x 20 et s’était même engagé un moment en politique. » 

Lorsqu’il était question de changer le nom des unités il était monté au créneau : « J’ai porté le béret et la hure pendant 40 ans. Vous vous imaginez nos hommes avec un béret gris, tous les mêmes. Ils perdraient leur fierté. » Elèves, soldats, ou gradés, ceux qui l’ont connu retiendront de lui non seulement sa force physique mais aussi sa force de caractère et de persuasion. Il était à la fois dur mais juste dans l’esprit « Résiste et Mords ».