Namur-Luxembourg Pour 2018, à l’Unesco, la place est prise : ils rendent leur dossier en espérant 2020

Cela va faire un an et demi que les échasseurs namurois ont annoncé leur souhait de voir entrer au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco les joutes sur échasses, une tradition de 600 ans dans leur ville. Même si la cause semble entendue auprès des Namurois, qui ont signé la pétition en masse (28.000 signatures), rien n’est acquis.

Le dossier sera envoyé dans le mois. Pas encore pour convaincre l’Unesco, mais pour être désigné par la Fédération Wallonie Bruxelles (ex-communauté française). C’est ce que veut la procédure. Quand elle est respectée…

Pour 2018, c’est en effet fichu, la région bruxelloise ayant pris un raccourci et déposé le dossier de l’Ommegang à l’Unesco en faisant fi de la procédure en question. "Ils ont pris la bande d’arrêt d’urgence pour dépasser tout le monde. Et la communauté française n’a rien dit. Espérons que cette façon de faire ne devienne pas une habitude, ce qui serait rageant pour ceux qui, comme les échasseurs, se conforment aux règles pour rentrer et défendre leur dossier", explique Maxime Prévot, ardent défenseur de la cause des échasseurs.

Un peu comme pour l’Eurovision, une règle d’alternance linguistique prévaut, donc ce sera une proposition flamande pour 2019. Les échasseurs ont une chance pour 2020. "Ce n’est pas nous qui décidons de l’agenda, mais le gouvernement de la communauté française", précise Patrick Dessambre, le président des échasseurs.

"Nous ne sommes pas les seuls à nous présenter et il n’y aura pas que du folklore. On sait que la frite est sur les rangs comme la bière est entrée au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco en 2016. Nous avons beau avoir un très bon dossier, ils vont peut-être juger que la frite est plus universelle…"

Le volet politique est une étape délicate que les échasseurs ne maîtrisent pas. "Ce n’est pas seulement la ministre de la Culture - que je connais bien - qu’il faut convaincre, mais l’ensemble du gouvernement Wallonie Bruxelles", souligne Maxime Prévot. Et là, un certain lobbying est nécessaire. "Nous avons envoyé des courriers à tous les élus de la ville et de la province de Namur pour les exhorter à défendre notre combat", poursuit Patrick Dessambre.