Namur-Luxembourg

Le plan du TEC et de la ville pénalise les Namurois selon le PTB

Nam'in Move, c'est ce plan mené conjointement par le TEC, la région wallonne et la ville de Namur pour adapter l'offre de bus qui date de 40 ans. Une de ses premières manifestations a été la suppression des lignes 11 et 9, le remplacement par les lignes 1 et 2, puis 54 avec la suppression controversés de certains arrêts. "Pas mal de gens du quartier sont encore choqués par la mauvaise expérience vécue à Saint-Servais. On a supprimé la desserte du quartier du Beau-Vallon sans aucune concertation et ils l'ont appris par la presse", explique le président du PTB Namur-Luxembourg dont les bureaux se trouvent rue de Gembloux.

Devant la mobilisation citoyenne, le TEC a pris ses précautions et organisé une participation citoyenne avant de modifier la ligne 8 (Belgrade-Jambes/Erpent). Les résultats de ces travaux devaient être présentés au grand public ce lundi, mais la conférence a été reportée par le TEC. Preuve pour le PTB qu'il y a un problème. Problème que nie le TEC. "A la demande des membres du panel, une quatrième réunion se tiendra fin avril et nous organiserons une séance d'information publique autour du premier mai"; assure Simon Collet, le directeur d'exploitation.

Thierry Warmoes, président du PTB namurois, pointe du doigt un manque de démocratie. "Un panel de 15 citoyens triées sur le volet n'est pas une consultation représentative de la population. Il nous revient que ceux-ci sont forts déçus du manque d'écoute dont fait preuve le TEC face à leurs propositions. Certains participants aux panels se sentent utilisés ou manipulés afin de donner un semblant de démocratie à un plan qui est de toutes façons déjà décidé." Ainsi, plusieurs points sont non-négociables comme la décision de faire de la ligne 8 une ligne structurante se limitant aux grands axes, la décision de ne plus passer par le centre-ville et le pont de Jambes ainsi que la suppression de la boucle dans le village de Belgrade. Sans compter les oppositions motivées par des raisons techniques ou de budget...

Le PTB ne rejette pas en bloc le plan de mobilité de la ville et se réjouit même de certaines initiatives comme les parkings de dissuasion (P+R). Mais il refuse que les Namurois soient pénalisés encore davantage. "L'offre actuelle du TEC est déjà insuffisante : manque de bus en soirée et en week-end, desserte insatisfaisante en périphérie... Si on veut gagner des usagers, c'est d'abord à cela qu'il faut s'attaquer." Sur le fond, il s'inquiète des conséquences des aménagements de la ligne 8. "Les quartiers de Belgrade ne seraient plus desservis qu'une fois par heure (contre 4 actuellement). Les distances à parcourir jusqu'aux arrêts augmentent parfois de 500 mètres. Alors qu'en Suisse on considère qu'un arrêt devrait être situé à une distance inférieure à 200 mètres des habitations, on en est loin à Namur. A-t-on pensé aux personnes âgées et à mobilité réduite – de plus en plus nombreuses -, aux conditions hivernales, à la pluie, aux fortes pentes qui caractérisent le territoire namurois?", interroge-t-il.

Le parti d'extrême gauche lance donc une pétition en ligne et en version papier pour appuyer ses demandes. Il sillonnera les arrêts de bus pour la faire signer. Des dépliants et des affiches seront également diffusés dans les quartiers concernés.. Outre un gel du projet et une consultation de la population, le PTB revendique le maintien de la desserte des quartiers du grand Namur à une bonne fréquence (au moins 2 bus par heure), et une desserte du quartier du Beau Vallon selon un horaire normal et complet. Il s'oppose à toute suppression d'arrêts et demande également plus de bus en soirée et le week-end ainsi qu'une meilleure desserte des villages en périphérie et l'élargissement du tarif zone urbaine à tout le territoire de la commune de Namur.