Namur-Luxembourg Lisa Lebrun, 20 ans, est poursuivie en correctionnel pour l’assassinat de son père

Le soir du 10 septembre 2015, Frédéric Lebrun perdait la vie après avoir reçu plusieurs coups de couteau lors d’une violente dispute familiale à son domicile de Aye. Sa fille Lisa doit aujourd’hui répondre d’homicide volontaire avec préméditation. Son procès a débuté mardi devant le tribunal correctionnel de Marche.

"Je n’avais pas l’intention de le tuer", explique la jeune femme de 20 ans. "Je voulais juste qu’il ait peur et qu’il arrête de frapper ma mère." La prévenue explique que son père était régulièrement sous l’emprise de l’alcool. Ce soir- là, il s’était montré agressif envers les membres de la famille présents sur place, dont son épouse, Lisa, et le cousin de cette dernière.

"Il voulait frapper tout le monde", explique la prévenue. "Ce n’est pas la première fois que ça criait autant, mais c’est la première fois qu’il frappait maman devant moi. J’ai essayé de les séparer, mais je n’y suis pas arrivée."

La jeune femme est alors descendue dans la cuisine où elle s’est emparée d’un couteau de cuisine, avant de remonter vers la chambre où la dispute avait lieu. "Tout s’est passé très vite. Mon père s’est avancé vers moi. J’ai eu peur." Lisa Lebrun se souvient avoir frappé à deux reprises. "Je ne sais pas pourquoi. Je n’ai même pas vu que j’avais touché mon père et blessé ma mère à la main."

Frédéric Lebrun décédera sur place quelques instants plus tard. Entendu en qualité d’expert, le médecin légiste mandaté par le juge d’instruction fait état de lésions compatibles avec les explications des différents protagonistes. L’un des coups de couteau a traversé le poumon de la victime et perforé l’aorte, entraînant une hémorragie extrêmement rapide. La victime présentait également des abrasions au niveau des mains pouvant résulter de coups portés à d’autres personnes. Dont le cousin de la prévenue, blessé dans la mêlée, et entendu comme témoin à l’audience.

Les parents et le frère de Frédéric Lebrun se sont constitués parties civiles. "Il n’y a pas de haine à l’égard de la prévenue. Ils veulent comprendre ce qui s’est passé", souligne leur avocat Jean-Marie Dermagne. Le réquisitoire et les plaidoiries ont été reportés au 10 octobre prochain.

N.P.