Namur-Luxembourg Le parquet réclame 30 mois d’emprisonnement, le prévenu dément farouchement.

Serge, un Salmien de 45 ans, est suspecté d’avoir voulu faire exploser son immeuble. Il vient de comparaître devant le tribunal correctionnel de Marche pour y répondre de tentative de destruction d’édifice par explosion au gaz.

En détention préventive depuis janvier, le quadragénaire nie farouchement les faits qui lui sont reprochés. Soit d’avoir ouvert deux bonbonnes de gaz situées sur sa terrasse dans le but de faire sauter l’immeuble. "Ces bonbonnes n’étaient pas sur ma terrasse, mais sur un toit appartenant à un autre propriétaire", déclarait-il en mars dernier lors d’une première audience. "Par ailleurs, les bonbonnes étaient quand même à une dizaine de mètres à l’extérieur du bâtiment. Or pour que le gaz explose il faut qu’il se trouve dans un espace confiné", a-t-il ajouté cette semaine à l’occasion d’une deuxième audience réservée aux réquisitoires et plaidoiries.

Le jour des faits, Serge avait consommé de l’alcool en compagnie d’Hervé et Marion (prénoms d’emprunt) dans un appartement voisin. On le soupçonne d’avoir tabassé son compagnon de biture à coups de bouteille avant d’être sorti hurler qu’il allait tout faire sauter. D’après le juge d’instruction, le mobile pourrait être lié à un litige opposant le prévenu à son propriétaire.

Le parquet réclame 30 mois d’emprisonnement. "Rien ne permet d’établir que Serge aurait agressé Hervé, sauf les auditions de celui-ci et Marion. Or, ces dernières doivent être écartées", souligne-t-on du côté de la défense. "Marion était tellement sous l’influence de l’alcool qu’elle ne se souvient même plus de l’intervention des secours dans son appartement. Elle n’a pas non plus assisté à l’agression."

D’après Serge, deux individus s’en seraient pris à Hervé alors qu’il était sorti se réapprovisionner en vodka. Quant au gaz, le prévenu dément fermement avoir proféré la moindre menace d’attentat. "Quand j’ai senti l’odeur de gaz, j’ai gueulé ‘ Sortez, ça sent le gaz ! ’", explique-t-il. Jugement le 11 mai.