Namur-Luxembourg Des déchets sont présents sur le site : le propriétaire doit payer

André Becker a introduit un recours. Il estime être victime et ne rien pouvoir faire. Depuis qu’il a racheté le site des anciennes sources de Spontin il y a quelques années pour y entreposer des véhicules de collection de la Seconde Guerre-mondiale, André Becker, 90 ans, est confronté à de nombreux problèmes.

Le site est régulièrement visité par des vandales, voleurs ou fêtards. Les gens qui s’y introduisent y laissent leurs déchets et les dépôts clandestins y sont récurrents. "On y retrouve de tout : des palettes ou des panneaux d’élection amenés par des joueurs d’airsoft, des tonneaux, des déchets ménagers, etc. Lors du nouvel an 2014-2015, une rave-party de 1.000 personnes y a été organisée", commente l’avocate Marie-Paule Hussin.

Depuis 2014, la Région wallonne a dressé deux procès-verbaux à l’encontre d’André Becker. Le nonagénaire serait en infraction à la loi sur les déchets et sur le code de l’environnement. Des amendes de 1.000 € puis de 6.000 € dont 3.000 € ferme lui ont été dressées pour l’entrepôt de déchets sur le site des anciennes sources.

Le parquet de Namur s’en tient à la loi et estime que même s’il n’a pas produit les déchets, André Becker doit en assumer la gestion. "La loi prévoit que toute personne victime d’un dépôt devient responsable de ces déchets. C’est comme ça. Ces soucis sont récurrents avec les anciens sites sidérurgiques. D’ailleurs, personne n’en veut…"

Évidemment, André Becker a introduit un recours devant le tribunal correctionnel de Dinant pour ne pas payer ces amendes. L’homme a déjà réalisé toute une série de travaux pour sécuriser les lieux, en vain. L’homme a déjà déboursé près de 110.000 € pour installer de nouveaux éclairages et des barrières de chantier et pour construire des murs (qui ont déjà été détruits) et une conciergerie.

"Au départ, il prenait sa remorque et allait lui-même au parc à container mais il a vite compris que ça ne servait à rien. Et puis, il a déjà son âge… Il a fait appel à des agents de sécurité mais ces gens, désarmés et avec un chien muselé ne veulent pas prendre de risques."

L’avocate regrette que la Région wallonne, soutenue par la commune, préfère s’attaquer à quelqu’un de solvable plutôt qu’au vrai problème. Une décision pour l’annulation éventuelle de ces amendes sera rendue le 15 décembre.